C’EST

C’est un arc et c’est une lyre

C’est une encre de Chine

Sans titre

C’est un je ne sais quoi

et un presque rien

C’est le sablier d’un temps paradoxal

C’est une nuit que l’on entend la mer sans la voir

C’est l’autre voix qui s’insinue à la place de la même

Cherchant sa voie sans la nommer

C’est filer la métaphore

Un poème fragile à nos lèvres

CHANSON ORPHELINE

On ne sait pourquoi
On commence ainsi
Comme un soleil noir
Sur l’esprit saisi
Par l’aile fugitive
D’une chauve-souris


On ne sait pourquoi
Sur le vide acquis
Tourne une chanson
À l’air incertain
Qu’une voix susurre
Au cœur de la nuit


Chanson orpheline
Qui attend son heure
L’air d’un musicien
La voix qui en secret
Monte puis décline
Et à l’aube disparaît

JJ Dorio

ACI

auteur compositeur interprète

LE BON DÉSORDRE

Je laisse aller la plume au bon désordre
Comme un livre feuilleté au hasard
Dont on prélève de vives lueurs
Ou d’obscures métaphores

Je laisse aller selon l’imprévisible
mouvement de la main, du pinceau,
cet exercice ouvrant le pas aux rêves
dont nous sommes faits (et parfois refaits)

Je laisse aller… et je retiens
Ici où l’attention à az-zahr est première
Dé à jouer entre les lignes
D’une poésie à l’état pur
Hypnographies : signes rêvés

MAI 68 : L’ENCHANTEMENT LUCIDE

MAI 68 Peut-être que nous ne sommes plus beaucoup à garder en soi « l’enchantement lucide » que nous vécûmes dans l’écume et la profondeur de Mai 68.

Il revient parfois sans que l’on s’y attende, un demi-siècle après, dans une marche solitaire au milieu d’une ville où l’inattendu nous éclaire, nous hypnotise, réveille en nous, ce à quoi, les gens qui circulent alentour semblent ne plus croire :

le mariage, entre humour et gravité, de l’espérance intime, avec l’Utopie politique d’une révolution permanente partagée, mais sans violence aucune.