Ce qui détermine le cours des choses : un rien, dit Tabucchi.
Ainsi le cours de cette prose, qui va naissant dans un bar de la Plaza de Armas de Cuzco. Une chanteuse dans le suraiguë, accompagnée par un harpiste buvant comme un trou l’alcool local, du pisco.
Un rien, cette fois du côté de Lisboa, la phrase d’un poète maudit : Dis-moi, pauvre âme refroidie, que penserais-tu d’habiter Lisbonne. Il doit y faire chaud et tu t’y ragaillardirais, comme un lézard.
Et à contre courant, ce désir baudelairien de vivre n’importe où, pourvu que ce soit hors de ce monde, une heure immobile, non indiquée sur le cadran, leggera come un suspiro, rapida come un colpo d’occhio.
Un soupir, un coup d’œil, deux petits riens…