Je regarde le vide
Je regarde la vie
Je n’y vois goutte
Goutte d’encre goutte de sang
C’est comme ça
Que je fonctionne
Je regarde la page
Toujours aussi têtue
Tiens c’est moi
Qui y écris
Ces deux dernières
lignes
Et cette autre
Pour la route
samedi 23 mars 2024
Category Archives: Poème du jour
ACCUEILLIR CETTE NUIT
Accueillir cette nuit particulière
Où je ne sais pas m’endormir
Mais l’accueillir
sans rien remuer de grave
au fond de soi
Si ce n’est en surface
cette plume en absence
qu’affectionnaient les poètes
écrivant des épîtres
au XVIe siècle
La page peu à peu
prend forme
j’ai pris le temps
de l’écrire
à mes correspondant.e.s
inconnu.e.s
qui se reconnaîtront
Martigues 22 mars 2024
ARBRE BLANC
Arbre blanc
Ce premier jour
de printemps
Je m'y adosse
Et j'ai la sensation
Qu'il sait lire
et écrire
Je lui parle
de choses et d'autres
Et de notre conversation
Naît cette esquisse
De poème
Du temps nouvel
Martigues 20 mars 2024


Martigues parc Julien Olive
DEUX MANIÈRES D’APPRÉHENDER LE NOUVEAU PRINTEMPS
Issue
Je cherche l'issue
des nuits d'Hiver
et je trouve
cachée dans l'écriture
à l'encre noire
la couleur des mots
pour dire l'attente
des fleurs du printemps.
Claude Brugeilles
Arcizac Adour 28/01/2024
PRINTEMPS 2024
L’hiver tourne sa page
C’est l’printemps chante Ferré
C’est le printemps
Viens-t’en Pâquette
Te promener au bois joli
Ces vers d’Apollinaire caquettent
Printemps brut
Comme l’art de Wölfi
Enfermé pour douce folie
Et comme le champagne d’Épernay
Printemps 45
Où maman et papa
Peu fiers
Annoncèrent
Un enfant nous est né !
JJ Dorio
Martigues 20 mars 2024
SOIS LE LÉGER L’AILÉ
SOIS LE LÉGER L’AILÉ
Au dehors c’est bruit et fureur
Guerres en Ukraine à Gaza
Crânes éclatés enfants gazés
Putine le massacreur fêté
Par des Russes soumis
En mode servitude volontaire
En France c’est la quasi guerre civile
L’extrême droite la plus ignare
Pour nous gouverner
Est adulée par le peuple-las
L’extrême gauche révolutionnaire
Est toujours agitée par les fantasmes
Du passé faisons table rase
Tout en prenant garde à ces ouragans mortifères
Je laisse la maison Poésie
Ouverte aux quatre vents de l’Esprit
Je continue à donner cours
À contre-courant
À mes affinités secrètes
Rêveries nourries par Bachelard
Ou Reverdy
Conversations fleuries
Près de la fontaine
Où l’on meurt de soif
Ballade des pendus
Dormeur du val
Je continue Lucrèce et Épicure
Le clinamen de Nature et les atomes
Qui se cherchent et qui s’aiment encor
Je recopie et j’apprends par cœur
Maints vers oubliés :
Ensuite en sa verve d’artiste
Laissant tomber l’épais velours
Dans un nuage de batiste
Elle ébaucha ses fiers contours
Je lis Hugo grand-père
Croyant aux enfants
Comme on croyait aux apôtres
Moi qu’un petit enfant rend tout à fait stupide
Et j’en ai quatre
Mathis et Alice
Les deux perles jumelles
Ambre et Jade
Et un cinquième rejeton à naître
Art pauvre
Art maigre
Art poétique
Que le monde néglige
Art dispersé aux quatre coins
Des rues et des ateliers
Art de s’endormir papillonnant
Dans un dialogue de Tchouang Tseu
Art du parti pris des choses
Compte tenu des mots
Art des autans et des bises
Du marin du mistral
Et de l’Harmattan
Arte de zeffiro torna
De Claudio Monteverdi
Art des Vanités
Vendues trois millions de dollars
Chez Sotheby’s
Art des Donquichotte
De mon ami Brugeilles
Art de l’Apollon de Callimaque :
La victime du sacrifice doit être aussi grasse que possible
Mais toi garde la Muse mince
Sois le léger l’ailé
Martigues 19 mars 2024