MICHEL COSEM

Ces poèmes écrits au fil du temps, des déplacements, des lectures, des autres travaux d’écriture traduisent une vision du monde, une façon de m’adresser à la nature, à l’imaginaire. C’est le seul message que j’ai envie que l’on ressente comme si je tenais à meubler de mots et d’images l’univers qui m’entoure et m’accompagne et dans une certaine manière de lui donner du sens et de la couleur. C’est en cela que la poésie m’est essentielle et m’accompagne dans la vie quotidienne et dans les voyages plus ou moins lointains. Chaque recueil est ainsi un petit morceau de temps parsemé de quelques pépites qui résistent à l’effacement.

Michel Cosem 4° de couverture L’Âme de la Grande Ourse Encres Vives 422°

MORT D’UN POÈTE

Je reconnais l'impardonnable linceul Celui qui coupe et qui éloigne 
Celui pour lequel nous ne sommes rien 
Et qui emporte inéluctable toutes les racines tous les soleils 
Pour un terrible amas de cendres

Michel Cosem L'Âme de la Grande Ourse 422° Encres Vives

Michel Cosem nous a quittés
C'est dur à dire
et encor plus à répéter
Michel Cosem nous a quittés

DANS L’ARBRE OÙ JE RÊVE

Dans l’arbre où je rêve mes feuilles sortent d’un livre où les pages sont blanches et que je dois remplir tant bien que mal

Dans l’arbre où je pense être ou ne pas être et que sais-je ? sont les questions qui me font frissonner

Dans l’arbre où je souffre les docteurs de la forêt utilisent le terme de « captation embolique » pour décrire la rupture du fil d’eau qui court dans mes tissus de la racine à la cime

Et cependant contre vents et marées dans l’arbre où je dors la mort n’y mord

avec l’aide de Shakespeare, Montaigne et de Clément Marot