Je dirai que j’ai pris des coups
Et que maintes fois j’ai perdu le nord
Je dirai que je me suis relevé
Je dirai que j’ai cherché la voie
Je dirai que la nuit la lampe est mon soleil
Je dirai Terre en vue
Je dirai l’esprit des bêtes et des arbres
Je dirai le corps qui dicte à l’esprit
Je dirai le vide qui broie les mots inadéquats
Je dirai ma gratitude à ceux et celles qui m’ont écrit
Que ce que j’écrivais leur donnait un peu de joie
Je dirai que je n’ai rien dit
Category Archives: Une écriture à part soi
SOMMEIL LÉGER
Sommeil léger avec des rêves
qui descendent l’escalier
des soucis du jour précédent
Je suis entouré d’abeilles
qui me font passer la frontière
du côté de Menton
J’entends la vieille leçon
sur l‘empereur à la barbe fleurie
Et puis je me rendors on dirait
sur l’image d’une belle dame
qui rentre ses moissons
HYPOTHÈSES
e
De l’œuf à la tombe
Qui des deux instances
prend le pas sur nos activités :
celle de notre ange gardien
ou celle de la personne qui apparaît sur nos photographies ?
Ou bien autre hypothèse
On naît comme on naît
Puis on cogite
Et l'on décide d'être
le citoyen d’un monde
qui cherche contre vents et marées
et le déchaînement des violences
à vivre en paix
avec soi-même
envers Nature
et avec les autres
(vaste programme dit le petit sceptique)
Monde inventé : cette hypothèse où l’art serait réel Marcel Proust
Pour résister à l’abîme des nouvelles diffusées à flot tendu par les médias du monde entier tout est prétexte pour son monde inventer :
Icare passe dans le ciel bleu entouré de la couronne mouvante des martinets
Les tuffeaux blancs extraits du domaine de La Devinière servent de terrain de jeu à la plus grande course d’escargots du siècle place de la Concorde
L’acrobate Miró monte interminablement l’échelle des Constellations avec son petit carnet à crobar
La quatrième image est pour vous
Lectrices lecteurs
Vous devez l’inventer entièrement
Dans la beauté des hésitations
Et le partage de nos instants précieux
LIBERTÉ
Liberté c’est un beau titre
Tiré du fond d’un puits
D’incertitude et de détresse
Mais sans faillir on persévère
En cherchant obstinément sa route
Et l'on écrit passant entre les gouttes
Liberté libère-nous de nos doutes
Soyez résolus de ne plus servir et vous voilà libres !
Étienne de la Boétie Discours sur la servitude volontaire
UN DIMANCHE DANS MA VIE
Aucun bruit C’est la nuit Qui dort dans son étui
Mes oreilles sonnent leurs morphèmes
Dans mon lit j’égrène mentalement quelques chansons de Francis Lemarque
Le petit cordonnier et (bien sûr) Marjolaine
Je suis cet « inconnu sur sa guitare »
Le brouillard de la chanson tombe sur la mer que je vois à l’horizon
On entend alors les cornes de brume des bateaux qui portent avec leur lourd pétrole noir la malédiction de notre civilisation
« Sous la pression du négatif…nous avons à reconquérir une notion de l’être qui soit affirmation vivante, puissance d’exister et de faire exister » Paul Ricœur
Artaud le Momo avait trouvé une formule plus percutante
Il s’agit de Guérir la vie
Martigues dimanche 18 août 2024