En Mai chaque jour fut un dimanche Rires fraternels galettes de rois Nos reines étaient endimanchées Leur jupe à ras l'bonbon Flower Power contre baïonnette au canon Ce fut la vie jouissive d'une épiphanie Dont les cendres pour les derniers fervents ne s'éteignent... (on peut toujours y rôtir quatre châtaignes)
Les auteurs sont seconds par rapport aux messages et à leur ping-pong verbal.
Le lecteur est invité cependant à rétablir leur nom et à apprécier leur échange qui relève de l’entreglose et des anachronismes propres à la prolifique » bibliothèque de Babel. »
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Lorsqu’on dit de moi : « c’est une forte personnalité », cela m’étonne : des personnalités j’en ai vingt et je ne vois pas comment un conflit constant entre elles peut donner une seule forte personnalité.
R.G. à S.A.
Redisons-le, après d’autres : un écrivain, en tant que tel, est une sorte d’éponge informe, molle et fade. Qu’il ait, par ailleurs, des opinions, une personnalité, une culture, de l’intelligence après tout, pourquoi pas ? Mais ce n’est pas ce qui détermine son travail.
L’écriture a cette vertu de nous faire exister quand nous n’existons plus pour personne. » Georges Perros Les italiques sont des citations puisées dans l’œuvre du "disparu ». Le reste est de l’auteur du blog « poésie mode d’emploi ».
DISPARITION
V
T.T
. 29
FRÊLE BONHEUR
Un sentier bien étroit conduit au bonheur, qui sépare des abîmes vertigineux ; et on ne peut jamais avoir la certitude de s’y être engagé pour de bon. Que faire alors ? S’enfermer dans une solitude fière, comme le préconisent les stoïciens, pour s’épargner des déceptions futures ? Se détacher des biens terrestres, comme le recommande Saint Augustin, pour n’aimer infiniment que le seul être infini, Dieu ? Ou bien accepter sa condition, comme nous y incite Jean Jacques, sans espoir de vie éternelle ni d’âme immortelle, sans la consolation d’une survie par la communauté, par la descendance ou par les œuvres, ces substituts de l’immortalité ? La vie commune ne garantit jamais, et dans le meilleur des cas, qu’un frêle bonheur.
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Quel bonheur que d’écrire ainsi des kilomètres des milliers de pas d’une écriture qui ne cède jamais à la facilité même si pour le profane elle apparaît gratuite légère semblant savoir d’où elle vient où elle va alors qu’en réalité elle ne cède en rien à la facticité elle se trouve sans cesse devant ces chemins qui bifurquent des messages qui se contredisent des énigmes qu’il faut garder en suspens merci de bien vouloir patienter pour la suite…
Les auteurs sont seconds par rapport aux messages et à leur ping-pong verbal.
Le lecteur est invité cependant à rétablir leur nom et à apprécier leur échange qui relève de l’entreglose et des anachronismes propres à la prolifique » bibliothèque de Babel. »
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Je compare mon travail d’écrivain à celui qui pilote une barque sur une rivière ; la laisser couler, la laisser prendre le courant mais en même temps utiliser les rames ou un gouvernail pour qu’elle n’aille pas s’enliser sur les bords.
P.J. à F.P.
La barque tire sur sa longe, hoche le corps d’un pied sur l’autre, inquiète et têtu comme un jeune cheval. Montée, elle adopte une attitude passive, file doux, est facile à mener. Si elle se cabre, c’est pour les besoins de la cause. Lâchée seule, elle suit le courant et va, comme tout au monde, à sa perte, tel un fétu.
F.P. à P.J
P.J. le traducteur de l’Odyssée et le poète de Grignan