L’encre des lettres
Sur papier blanc
L’ancre des bettes
barques de pêche
à fond plat
L’encre des nuits
de France Culture
Sur l’aventure intérieure
ou la philosophie de la pétanque
L’ancre de lien
pour délier des textes écrits
sur le Net
Et l’encre blanche
comme neige
qui tombe dans nos têtes
silencieusement
EST-IL POSSIBLE DE RACONTER L’HISTOIRE D’UNE VIE ?
Sur la possibilité de raconter l’histoire de nos vies particulières on peut pousser loin le bouchon.
Cette romancière affirme que l’histoire de sa vie n’existe pas. Les chemins qu’elle a parcourus ou les lignes qu’elle croyait avoir tracées se sont effacés.
Cet autre a écrit ses mémoires en suggérant que le genre avait son importance, mais lui, non.
Ce troisième avait bien écrit une sorte d’autobiographie mais le texte a disparu et il n’est resté que les notes de bas de page.
Le quatrième, qui il est vrai est entré dans la période d’une vie où il est conseillé de ne pas trop attendre si l’on veut donner corps à son projet, m’ a confié le titre qui annonce son ouvrage. Je vous le donne en mille : Un livre n’est pas une vie Je le sais bien Mais quand même Ceci est le livre de ma vie
Le cinquième comme les doigts d’une main existe…mais pour l’instant je ne vais pas fatiguer plus longtemps mon lecteur qui a comme tout le monde son histoire à gérer.
IL FAUT ÉCRIRE SANS Y PENSER
Il faut écrire « sans y penser » est un titre musical de Clément Janequin (1547)
Il faut écrire sans penser une seconde à être lu
Il faut lire comme si c’était nous qui avions écrit la page sous nos yeux
Il faut s’amuser à écrire en secret sans amuser la galerie
Il faut continuer à écrire à sa Muse en allée
(comme si sa nuit définitive était un phénomène relevant de Fiction & Cie)
Il faut lire demain dès l’aube en portant un bouquet de roses de la vie
Il faut écrire en retenant ses cris et rires
Il faut lire l’ephemeride.com de ce jour :
mercredi 7 août 2024 220e jour de l’année 146 jours restants 32e semaine le soleil se lève à 06h32 et se couche à 21h19 Nous fêtons les Gaétan de Tienne ainsi que les Gaétane
(Je me souviens de ce bistrot à l’enseigne du Beau Brun où trois musicos de fortune jouaient mi ré mi l’air de la petite Tane qui m’aurait peut-être aimé)
UN COURT INSTANT
Un court instant
Court mon poème
Il est nouveau
Il est ancien
Il est hors temps
Il est l’instant
Où l’on tisonne
Des mots de feu
Des mots de cendre
On ne sait pas
L’homme est d’argile
On se souvient
Du presque rien
De Frère Humain
De Sœur Fragile
Un court instant
Hors cogito
Je ne suis pas
Celui qui pense
Je suis la passe
de ce poème
Qui par à coups
A pris son temps
EN COMPAGNIE DE BARTLEBY
Moi qui n’arrête pas de noircir des carnets de textes inédits je suis pourtant aussi un adepte du héros de Melville, Bartleby le Scribe, employé en qualité de copiste dans un cabinet juridique situé à Wal Street, mais qui refuse peu à peu les tâches que lui propose son chef, le narrateur embarrassé de ce récit. I would prefer not to, (J’aimerais mieux pas) est la réponse répétée par le personnage melvillien tout au long du récit.
Et pour le reste on ne sait pratiquement rien sur lui. Simplement on le surprend debout qui regarde longuement à travers une fenêtre de l’officine un mur de briques du fameux quartier financier de New York.
Voilà qu’en évoquant le phénomène Bartleby, témoin d’une profonde négation de toute activité professionnelle, je suis encore tombé dans mon péché mignon qui est d’en faire des tonnes en parlant d’abord au papier puis à l’ordinateur qui transcrit mes balivernes.
Et pourtant moi aussi il est possible qu’un jour je signe la fin de cette écriture. Je dirai adieu aux choses d’ici bas que l’on écrit isolé face au mur blanc de sa chambre.
Je doute que quelqu’un me demande de continuer. Mais si c’était le cas je me transformerai sans barguigner en un Bartleby bis : Encore écrire ?J’aimerais mieux pas.
COMPLÉMENTS
J’aimerais mieux pas t’écrire poème
Il fait trop triste dans mon cœur
Et trop de morts en moi se meuvent
J’aimerais mieux pas
Mais voilà c’est le paradoxe
Le premier vers hardi se pose
Sans que je l’y invite
Sur cette page qui se défend
Mais n’en peut mais
J’aimerais mieux pas j’aimerais passer
Mais comme une mécanique
Ma main magnétique continue
À Dada sur mon papier
Lors me retrouve bon gré mal gré
Poète dépourvu incapable d’interrompre
Ce labeur contrefait
Et puis flûte ! Réflexion faite
Je dois à mon grand dam le constater
En faisant à contre cœur ce poème
Tristesse et douleurs ont passé
Il était temps de l’avouer