Tu n’as ni royaume ni cheval
Mais ce minuscule oiseau au bec de plume
Qui vient la nuit te visiter
Et volète sur le papier
Traçant ses petits secrets
ÉCRIRE DES FADAISES
J’écris à deux heures du matin
ces neuf syllabes
qui à présent sont vingt
J’écris aux anges et aux démons qui sur le papier s’affrontent
J’écris aux cinq doigts de la main aux six faces du dé
Aux 7 jours de la semaine qui évoquent la Genèse
J’écris Juventud divino tesoro (Dario)
et sa traduction
« Jeunesse mon divin trésor » (Dorio)
J’écris comme dans la vie se superposent bien des formes de discours
J’écris Sur la route dans le souffle du blues
au studio d’enregistrement d’une interminable Jam Session
J’écris la nuit comme il se doit au doigt mouillé et à l’oreille
J’écris jusqu’au petit matin ces fadaises

LA NUIT ENCORE
La nuit
comme la confusion
du Corps
et de l’Esprit
La nuit
comme ton âme
en allée
dans sa nuit
définitive
La nuit
comme une écharde
dans la main
du silence
La nuit
comme un sentier
des mythes
qui reculent
vers le futur
La nuit
comme les clefs
qui ouvrent
les portes
de l’inconscient
La nuit
comme l’encre noire
qui a éclairé
cette page
LA NUIT TOUJOURS
La nuit toujours Encor la nuit Rien de voulu Rien de choisi Ni Oulipo Ni Olympie La nuit rumine Sa poésie Vous dire laquelle Je ne sais pas Si je savais N’écrirai pas Pour moi pour toi Pour Elle Pour vous Lecteurs brisés Au bord du vide Qui écoutez et sursautez Tissés d’histoires décousues Mémoire Oubli La nuit encore Toujours la nuit

Dorio encre de Chine la nuit du 10/11 septembre 2024
CARNET DE NOTES
Cette nuit qui n’en finit pas j’ai retrouvé un carnet de notes écrites l’année 1973 Des esquisses sans phrases abouties écrites debout dans la rue assis au café dans mon hamac portatif tissé par une amérindienne Kuna devant une exposition à Barcelone ou New York toujours loin de mon logis histoire de laisser libre cours à tout ce qui parlait à l’époque dans ma tête des notes venues comme par jeu sur le papier écrites par un je anachronique et lointain mais que je ne me résous pas à croire totalement disparu

une page d’esquisse de carnet de Miró photographiée au musée Matisse cet été 2024