Tenir bon
Mais sans en faire
Tout un plat
Tenir un exemplaire
fatigué
des Fleurs du mal
Les rafraîchir
Par une relecture
Sans pathos
Une lecture paradoxale
empreinte
d’hilarité
Comme ces lignes
écrites en secret
l’œil clair
Un rituel
Qui nous incite
À tenir bon
SUNT LACRIMAE RERUM
Avec les citations dont je fais des bouquets
J’entretiens des rapports d’amitié
Sunt lacrimae rerum
et mentem mortalia tangent
« Toutes les choses ont leurs larmes
qui émeuvent le cœur des mortels »
Les livres désormais m’entretiennent durant le repas
Nulle chose ne me fait pleurer
Mais leur saveur enfuie qui me la fit partager
- et sans cesse apprécier –
Avec celle qui de l’autre côté de la table
N’est plus là
Et avec qui nous fêterions
Son anniversaire ce jour d'hui
Martigues 10 avril 2024
POINTE FINE POINTE COURTE
JE VAIS ENCOR ÉCRIRE jusqu’à ce que ma page soit pleine (ma plage soit peine)
Je vais encor écrire sans compter les signes sans me signer et même sans signer cet écrit
Je vais encor écrire à ma main avec cette pointe fine qui me fait penser à la Pointe Courte
Ce quartier sétois où les pêcheurs d’antan pratiquaient les petits métiers
Lançant leurs filets remaillés à bord de leurs pointus dans l’étang de Thau
Cette Pointe Courte où Agnès Varda réalisa son premier film en 1955
Format 35 mm noir et blanc musique Pierre Barbaud + thèmes folkloriques locaux
Avec Philippe Noiret :
Lui : « Avoue que c’est gai chez moi. Tu ne regrettes plus maintenant d’être venue ?
Et Sylvia Montfort :
Elle : « C’est toi que je vais aimer, natif de la Pointe Courte, fils d’un charpentier de marine,
amateur de joutes et de soleil.
Voilà j’ai encor écrit porté par le flot des lignes des signes
des souvenirs des choses vues imaginées
J’ai écrit sans y penser dans une nuit provençale profonde
J’ai écrit en silence
avec des phrases plus ou moins achevées fragiles
et comme j’en ai fait la promesse
sans signature et sans point final
LE RETOUR DE LA BARBARIE
PEU À PEU NOUS GLISSONS NOUS AUSSI DANS CETTE ÉPOQUE DE BARBARIE qui fut propre à la guerre voulue par le führer comme une réplique à la grande boucherie de 14-18 avec en supplément l’enfer sur terre de la Shoah. « Une guerre de 30 ans de 1915 à 1945 », l’expression est de George Steiner qui s’interrogea sur « les correspondances étroites qui existent entre les structures de l’inhumain et la matrice environnante des civilisations avancées. » Autrement dit « Pour quelles raisons les traditions et les modèles de conduite humaniste ont-ils si mal endigué la sauvagerie politique ? » Questions multiples envisagées dans « Le château de Barbe-Bleue » : « Je m’attends à ce que nous poussions la dernière porte du château, même si elle ouvre, ou peut-être parce qu’elle ouvre, sur des réalités hors de portée de la compréhension et de l’autorité humaine. Nous le ferons avec cette clairvoyance désolée que la musique de Bartok rend si bien, car c’est le mérite tragique de notre condition que d’ouvrir des portes ». Même si contrairement à l’optimisme des Lumières elles nous ont précipité vers l’Enfer des Camps où « les pleurs des condamnés les empêchent même de pleurer » : Lo pianto stesso li pianger non lascia / e’l duol che truova in sugli occhi rintoppo / si volge in entro a far cresser l’ambascia. Les pleurs mêmes y empêchent de pleurer / et la douleur devant leurs yeux obstrués / se tourne au-dedans en une torture plus grande. Dante L’Enfer chant 33. Et cependant Steiner termine son Essai en penchant vers « la conviction irrationnelle et même indécente qu’il est passionnant de vivre ce moment tardif et sans pitié de la civilisation occidentale. » Une gaya scienza encore de mise en 1970-71, mais aujourd’hui ?
UN 8 AVRIL
Dans les archives du Monde
UN 8 AVRIL
Dans les archives du Monde8 avril 1946
LOVELY COTTAGE ENLÈVE LE GRAND PRIX DE LIVERPOOL
Sur les 34 chevaux participants 6 seulement purent terminer le parcours. Le grand favori Prince Régent trompa les espoirs et ce fut Lovely Cottage cheval de 9 ans qui gagna la course à 25/1. Les deux chevaux français sont tombés et Symbole s’est tué.
8 avril 1947
DÉLIVRANCE
Ce clair matin d’avril, j’ai voulu dans l’enchaînement implacable des travaux et des jours glisser la joie déraisonnable d’une demi-heure de délivrance…La terrasse du Musée de l’Homme s’épanouit à la lumière. L’on y domine Paris sans la rancune de Rastignac qui serait inactuelle et les bruits qu’on y perçoit sont les seuls bruits du monde et de l’homme…Au pied du colosse venu de l’Île de Pâques, un enfant, chose précieuse, gentiment me sourit. Signé Léonard Saint Michel.
8 avril 1948
CINÉMA UNE JEUNE FILLE SAVAIT
À part Corridor of mirors (ou « L’étrange rendez-vous ») qui présente certaines qualités dont nous reparlerons, la semaine est assez grise sur les écrans parisiens. (…) Mais on peut mentionner les qualités de gentillesse et de fraîcheur de l’adaptation par Maurice Lehman sur un dialogue de Michel Duran de la spirituelle comédie d’André Haquet Une jeune fille savait… signé H.M.
8 avril 1949
UNE ÉPICIÈRE DE SAINT-OUEN ASSASSINÉE DANS SA BOUTIQUE
On a découvert assommée et étranglée derrière son comptoir Mme veuve Vitard, âgée de 72 ans, épicière rue Saint-Denis à Saint-Ouen. Il s’agirait d’un crime crapuleux…
8 avril 1950 et 1951
Pas de journal
8 avril 1952
BOBET ACCIDENTÉ
Bobet accidenté à 11 kms du but le belge Decock enlève le tour de Flandres cycliste.