UN PUR SANG D’ENCRE

Promener dans les pages de livres non écrits

Butiner des lignes de poésie des phrases de roman des aphorismes d’essais

Ajouter des titres en français

la bicyclette épileptique la solitude du satyre l’histoire d’un papillon fatigué de la guerre le cadre de mon petit vélo et autres essais l’art sans paroles l’homme de lettres de plomb

Parler persan sans le savoir

Écrire chinois sans le pouvoir

Envoyer le tout à l’imprimeur qui piaffe d’impatience comme un pur sang à Longchamp

Martigues 24 novembre 2023

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244 LE LECTEUR ÉCRIT ENTRE DEUX SOMMES Le lecteur ne se doute pas combien de nuits agitées tu as passé pour écrire ces lignes  Elles sont toutes issues d’une bataille rangée : entre deux sommes tu lis des histoires tu t’endors à demi tu les transformes en rêves tu les réécris Ainsi celle de ce chinois un brin socratique qui ne savait plus s’il avait rêvé d’un papillon ou si au contraire le papillon avait rêvé de lui Toi tu te souviens du crocodile qui invente le monde en faisant sortir des arcs-en-ciel de sa gueule et aussi de la tortue qui voulait jouer la cantatrice chauve (Le livre d’une vie Une autrebiographie En mille et un fragments) en cours d’écriture

MOTS SANS FIN

Le fin mot n’est pas
le mot de la fin 
La faim quand ça m’prenait
chantait Ferré 
dans les années soixante 
Sentes formant Sentier
le quartier des « mousselines
calicots et toiles
peintes en gros »
dans un roman de Balzac
dont j’ai oublié le nom
Mais non celui de
Balzac 00.01
avec son petit mineur
qui lançait son pic
et la publicité 
dans les cinés :
Et pan toujours dans le mille !
Toujours dans les lignes
Qui font le lit
De nos mille et une nuits
Passées à les écrire 

Martigues 23 novembre 2023

65 HORS DES MOTS Hors des mots…comme toujours…c’est le paradoxe de Nathalie Tcherniak…devenue Sarraute…fillette de l’exil russe…mise à l’écart par sa propre mère…et sa belle-mère d’un père remarié…elle lui préférait sa fille Lili…oui tu « lis » bien…mais longtemps après quand la vieille dame qui haïssait les autobiographies entreprend Enfance…la romancière…c’est son charme…échappe par ses dispositifs d’écriture…au pathos au topos à ronger son propre os…elle fait mouvement…de tropismes en tropismes…en ne comblant jamais les blancs…d’une vie dont on n’invente pas ce qui se dérobe…nos oublis…mais les mots pour les dire…malgré tout…ces paroles ranimées…petits feux follets…tieba podbrossili…lui dit Vera la belle-doche…  on t’a abandonnée… Mais non Natacha…quand je te lis…que tu sois enfant ou vieille dame indigne…c’est moi qui m’abandonne…à tes mots à ton rythme…au dialogue ininterrompue de ta plume…à ce dernier mot que tu m’as envoyé avant de tourner ta dernière page…oui je vous le donne en mille…figurez-vous que c’était un mot kidnappé(Le livre d’une vie Une autrebiographie en mille et un fragments) en cours d’écriture

EPISTROPHY

Y trouver la fièvre 
Jean Louis Rambour

Une page de plus
Y trouver la fève de l’épiphanie 
Un aller « retour » :
en grec epistrophy
un titre improbable
de Thelonius Monk
Le bon doux géant 
Qui aimait aussi
disait-il le ping pong 
Une musique qui rebondit
Be bop bi bop
It’s Monk’s Time
Approchez vos oreilles
Sur la mer le mistral
Esquisse une partition
de Claude Debussy

Martigues 22 novembre 2023

TOUTE LA PART FRAGILE DE L’ENFANCE DE L’ART

91  À LIVRE OUVERT  mais avec peu de pouvoir sur ses lignes    qui se déroulent  et s’échappent    comme des serpents À livre ouvert     faisant crisser les mots des exercices de mises en bouche  dismoigrogragrangraindorge quantedégrogragraindorgeras-tu   À livre ouvert   tournant dans la nuit    les pages à l’envers    lecture improvisée  pour oiseaux migrateurs    ivres de leurs concerts improvisés À livre ouvert pages arrachées et qui s’envolent capricieuses  offertes à notre humaine condition qui en ces temps crépusculaires aime plus que jamais tourner les pages des livres ouverts sur les couleurs les lumières et les sons  toute la part fragile de l’enfance de l’art  en grand péril et menacée par le serpent des contes cruels qui à la fin avale leurs lecteurs

LE LIVRE D’UNE VIE Une autrebiographie en mille et un fragments JJ Dorio (en cours d’écriture)

Mathis né le 28 février 2016 et JJ son grand-père

venu au monde le 24 mars 1945

Des gestes jubilatoires sur la toile

Martigues 19 novembre 2023

UN MOT APRÈS L’AUTRE

Souvent nos yeux courent
Vers le bas des pages
Jean Louis Rambour

Un mot après l’autre
Mes yeux courent la campagne
Ma main accompagne
Jusqu’au bas de la page
Ce texte écrit à la diable

Un mot avant l’autre
Un mot immatériel
Que l’on garde pour soi
Dans le secret des marges

Après le dernier mot
Posté sur le blog
On médite on se dit
Non ce n’est pas possible

Et l’on parle au papier
En déguisant son trouble
En faisant de cet apparaître verbal
Ce commencement qui n’en finit pas

Martigues 21 novembre 2023