Quoi de neuf sur la guerre ? La paix autour de minuit Le cœur malade qui bat un peu moins vite Un cœur juif internationaliste qui revient de Buchenwald ( « le bois de hêtre » littéralement où Goethe résida au tournant du siècle des Lumières et du XIXe) ( j’ai appris hier en écoutant le podcast de Philippe Collin sur France Inter : « Léon Blum une vie héroïque » que le grand acteur et penseur du Socialisme humaniste fut interné à côté du camp, d’avril 1943 jusqu’à avril 1945) .
AVEC LE MOT OISEAU
Avec le mot oiseau qui contient toutes les voyelles orales du français dans le sillage de Ponge ou la verve de Prévert j’ai souvent laisser entendre mes gazouillis Mais par ricochet aujourd’hui je songe à l’heure tragique vécue par les Gazaouis pris entre l’enclume des terroristes abjects palestiniens et le marteau des bombes israéliennes Et que dire sans enrager des 200 otages pétrifiés femmes enfants vieillards bébés retenus dans l’enfer des sous-terrains de Gaza…Non je n’ai pas l’heur de continuer…
Mais j’invite mes lecteurs à entendre les paroles de deux êtres sensibles brisés par les événements tragiques et soucieux de maintenir en ces temps de détresse les dernières étincelles d’un dialogue porteur, malgré tout, d’espoir
Delphine Horvilleur née le 8 novembre 1974 Vivre avec nos morts
Kamel Daoud né le 17 juin 1970 Meursault, contre-enquête
Quels sont vos sentiments quinze jours après l’attaque terroriste du Hamas sur Israël le 7 octobre et la riposte, toujours en cours, de l’armée israélienne sur Gaza ?
Delphine Horvilleur D’abord, je m’étais dit que j’arrêterais les entretiens. Et puis quand on m’a proposé de dialoguer avec toi, Kamel, j’ai senti combien j’avais besoin de le faire, presque dans un souci de santé mentale. Depuis quelques jours, j’oscille entre une très profonde tristesse, un sentiment de dévastation, et une colère, une rage particulière et un désespoir que je ne connaissais pas en moi qui me suis toujours perçue comme une optimiste. Je suis en manque d’un dialogue humain sensé, empathique, au milieu de cette déferlante de haine et de rage. Je suis en réalité très blessée de trouver si difficilement des interlocuteurs. J’avoue, j’attendais les paroles d’intellectuels musulmans avec qui je dialogue habituellement. Il y en a eu quelques-unes, si essentielles, mais si rares. Quelque chose m’échappe dans ce silence qui me terrasse. J’ai le sentiment d’une immense solitude. Ce matin, à la synagogue, on lisait l’histoire de Noé et du Déluge. Je me suis dit que c’était exactement ce que je ressentais : j’ai l’impression que le monde est en train d’être détruit par un déluge de haine et de rage et que moi, je voudrais construire une arche. Je sais bien que je ne vais pas mettre fin au déluge ou amener les gens à la table de négociation pour la paix au Proche-Orient, mais j’aspire à conserver mon humanité en embarquant sur une arche avec des gens qui la partagent.
Kamel Daoud J’aime écouter Delphine. Et je ressens aussi le besoin de dialoguer pour réaffirmer quelque chose de banal qui est l’humanité, face à cette déferlante d’inhumanité qui s’est infiltrée en chacun, dans chaque camp, dans chaque famille. Mais j’ai aussi une colère, elle n’est pas de même valeur que la tienne, je n’ai pas été attaqué comme les Israéliens dans leur maison, j’ai connu autrefois ce genre d’attaque en tant qu’Algérien durant la guerre civile quand les islamistes décapitaient, massacraient et violaient, mais c’est autre chose. Je suis en colère parce que je suis musulman de culture et que dans ma géographie on me refuse le droit à l’expression et à la nuance, parce qu’on voudrait me forcer à une unanimité monstrueuse qui n’est pas la mienne. Je ressens également cette solitude profonde, incomparable avec celle de ceux qui ont perdu des vies, parce que j’ai pris la parole pour dire qu’une cause doit garder sa supériorité morale, qu’elle s’effondre si elle choisit la barbarie et trouve des gens qui la justifient.
la suite est à lire sur le Nouvel Observateur
ARBRES FLOTTANT SOUS LA BRISE DU DICTIONNAIRE
https://eloge-de-l-arbre.over-blog.com/
Sur ce blog merveilleux à consulter chaque jour comme un éphéméride la maîtresse des lieux me fait l’honneur d’avoir choisi ARBRES FLOTTANT SOUS LA BRISE DU DICTIONNAIRE comme le poème n°3000. Qu’elle en soit trois mille fois remerciée. JJD
PALIMPSESTE

PALIMPSESTE « Écrire sur soi peut-être aussi une façon de s’effacer, comme un palimpseste sans transparence. » Gérard Genette « Apostille » Rien de plus imparfait que le texte « à venir ». Il naît de mon bric-à-brac personnel, à nul autre pareil : -ceci dit sans la moindre forfanterie – livres qui se tournent le dos, émissions de radio que l’on peut réécouter, mémoire trouée et têtue et ce stylo noir qui court la poste des gens isolés et des fugitifs des nuits transfigurées. Pensée sauvage et Bricollages – que j’écris depuis un texte patchwork de 1970 avec deux ailes. Comme si chaque nuit, vous réveillant d’un premier somme, vous vous confiiez à la main qui écrit, et qui va, chemin faisant, vous révéler ce à quoi, sans cet outil fragile et précieux, vous n’auriez jamais pensé.
EN VRAC
En vrac En vrac j’écris En vrac j’écris cette En vrac j’écris cette complainte En vrac j’écris cette complainte une nuit En vrac j’écris cette complainte une nuit en roue En vrac j’écris cette complainte une nuit en roue libre En roue libre Une nuit Cette complainte J’écris en vrac