LE TEMPS EST UN ENFANT QUI JOUE

LE TEMPS EST UN ENFANT QUI JOUE Oui mais sur le même fragment il y a une suite : le temps est un enfant qui joue en déplaçant ses pions : la royauté de l’enfant. Naturellement depuis le temps (2555 ans, à la louche), les penseurs (et certaines penseuses, dès l’époque des présocratiques, comme l’atteste Séverine Auffret : Une histoire du féminisme De l’Antiquité grecque à nos jours), ont retourné la phrase dans tous les sens. Comment comprendre l’a֠îon : temps, vie, temps de la vie, force vitale, existence, éternité, et comment le distinguer du temps Chronos que l’on mesure avec divers instruments, et du temps kairos, marqué par un événement, tragique ou comique, c’est selon. Et l’enfant, à quoi joue-t-il l’enfant ? Et de quel royaume est-il le Roi ? Joue pas avec mes nerfs, s’impatiente Béranger et Char rajoute : stop, arrête ton buisson de questions, qui nous étouffe, et va de l’avant. Je veux bien, les amis, mais d’abord en faisant un flash-back.

VOUS Y PENSEZ VOUS AU TEMPS ?

VOUS Y PENSEZ VOUS AU TEMPS ? Pas au temps qu’il fait, mais au temps qui s’écoule. Depuis votre naissance par exemple, car vous êtes bien né un jour, une heure, assurément, et quelque part, comme dit la chanson. Moi par exemple, c’était au printemps 45, au tout début. C’était dans la chambre où m’avaient conçu (je suppose) mes parents. Je n’ai pas le livret de famille sous mes yeux, et malheureusement, c’est presque un comble, je n’ai pas retenu l’heure que l’employé de mairie a transcrite. Mais je sais cependant que c’était sur les 2 ou 3 heures de la nuit. (L’heure, entre parenthèse où je commence ce texte, ce onze septembre 2023, selon notre calendrier Grégorien, créé par le pape Grégoire XIII et entré en vigueur le 15 octobre 1582.) Né le 24 mars 1945, précisément, ça fait un sacré bout de temps vont penser ceux et celles qui sont nés de la dernière pluie. Ceux et celles qui ne connaissent pas, assurément, ce fragment d’un bonhomme qui serait né à Éphèse, on ne sait trop quand, moins 500 ou moins 600 avant notre ère, dans une cité grecque d’Asie mineure (en Turquie actuellement). Il s’appelait Héraclite. J’ai souvent utilisé dans mes écrits, notamment pour lancer certains de mes poèmes, ce fragment : Le Temps est un enfant qui joue.

L’ÉTÉ N’EN FINIT PAS DE REJOUER SA PARTITION

à la fin de l'été cet été c'est encore l'été
on va encor à la plage
on amène sa chaise à la toile bleue
on raconte des histoires à la mer
qui veut bien les écouter
maintenant que les vacanciers sont partis
il y a bien quelques méduses
mais on les évite en récitant des vers
venus de nos muses
on est ému de les mouvoir
au fond de nous
spontanément
sous la dictée du dedans

ON VA BIEN VOIR : dernière carte 16/16

on va bien voir
dernière carte d’un jeu
venant du Musée du Prado

on y a vu
des lecteurs égarés
devant ces lignes
qui ont multiplié
leurs formes et apparences

on y a vu
les yeux fermés
le papillon de Tchouang Tseu
et la musique si lointaine
de vers improvisés

et maintenant
tous feux éteints
après le mot « fin »
tout peut recommencer

Jean Jacques Dorio 29/09/2023 01 :34