RÊVES TORDUS

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Je m’aperçois en relisant mes carnets que dans cette série de Rêves en pagaille Pagaille de rêves j’élimine pas mal de rêves « tordus » Témoin cet échange avec toi « ma morte » vivante mais en danger de mourir une seconde fois Voyons mais pourtant on t’a bien assisté jusqu’à ton dernier souffle et on t’a enterré en bonne et due forme Je te le répète de manière absurde Encore et encore Ou bien je vois un tableau unique fait à la peinture à l’huile à la brosse et au couteau comme celui que j’ai acheté à mon ami T. et qui est au salon face à la porte d’entrée Mais des types viennent pour me le reprendre C’est comme ça c’était dans le contrat me disent-ils à la mort du peintre la toile revient à sa veuve Mais non vous vous trompez je proteste c’est pas T. qui est mort c’est mon épouse cette nuit Je résiste mais rien n’y fait ils enlèvent l’œuvre peinte et à la place je vois un grand trou dans la cloison en placoplâtre…

ENCORE DES SONNETS ? IL FAUT ÊTRE SONNÉ !

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Sur un thème connu me voilà variant
Mariant la contrainte avec la fantaisie
Dans la nuit solitaire triste oiseau se riant
De l’amour malheureux plantant ses banderilles

J’accumule mes plaintes mes peines et tourments
Je me perds dans les bois de ces amants d’Ovide
Transformés en tilleul en rameaux de gourmands
Sur la barque d’Amour je rame dans le vide


Quand finit ma complainte la nuit et le silence
Me laissent démuni passereau solitaire
Je refuse pourtant tout ce qui me fait taire :

L’absence de désir le malheur la souffrance
La langueur de mes rimes mes belles adversaires
Dernier vers Ô Lecteur en absence…Va riant !

Sonnet écrit d’un premier jet ce mercredi 19 juillet 2023
Avec l’aide de La Roque (Siméon Guillaume) vers 1551-1611

JE RÊVE DU DERNIER CARRÉ DE DESESPERADOS DE MAI 68

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Mes rêves révèlent une sorte de mémoire palimpseste C’est un luxe après chaque réveil de mes songes d’endormi de pouvoir en laisser trace Je suis dans une assemblée dernier carré de Mai 68 qui s’arc-boute dans une petite salle de l’Université de Lettres de Toulouse Je prends la parole pour me désolidariser de leur action de désespérados L. une trotskyste avec qui j’ai des relations amicales vient me rejoindre à ma sortie pour essayer de me convaincre qu’il faut continuer le combat Mais ses propos s’effilochent et nos relations se transforment en préludes d’un autre ordre C’est maintenant la rentrée des classes (j’ai quitté l’Université depuis 2 ans pour enseigner en collège) Je vois une pagaille d’élèves autour de moi mais je n’arrive pas en ce qui me concerne à retrouver la salle de classe qui m’a été attribuée (rêve récurrent) Je croise C. vieux camarade d’Arreau (Hautes Pyrénées) qui me dit avec autorité :-Tu dois établir un contact avec le ministère Je rêve à présent que je pèche avec une gaule en bambou dans un étang Un grand type arrive près de moi avec un chien tout vert qui se métamorphose en gros poisson plonge et disparaît (28 août 1984) Je suis devant un stade et n’arrive pas à trouver l’entrée J’entends la rumeur des spectateurs à l’intérieur Je vois sur une pelouse annexe des joueurs se préparer Et puis me voilà sur un cheval de cirque ou de carnaval…

MAI 68 Peut-être que nous ne sommes plus beaucoup à garder en soi « l’enchantement lucide » que nous vécûmes dans l’écume et la profondeur de Mai 68. Il revient parfois sans que l’on s’y attende, un demi-siècle après, dans une marche solitaire au milieu d’une ville où l’inattendu nous éclaire, nous hypnotise, réveille en nous, ce à quoi, les gens qui circulent alentour semblent ne plus croire : le mariage, entre humour et gravité, de l’espérance intime, avec l’Utopie politique d’une révolution permanente partagée, mais sans violence aucune.

JE RÊVE D’UNE JEUNE LECTRICE DE LA VIE MODE D’EMPLOI

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Pagaille de rêves Rêves en pagaille J’ai bien conscience que ce que je que je rapporte sur le papier de mes rêves n’est souvent qu’un fragment une « queue de rêves » qui ont commencé dans un tohu-bohu bien en amont Cette nuit je me réveille avec la vision et les paroles prononcées par une ancienne collègue prof de Français dans le même collège Elle s’accroche à mon dos en me disant « J’ai besoin d’être amadouée » Un peu avant nous avons assisté derrière une vitre (comme on voit les inspecteurs le faire dans les séries policières) à « l’interrogatoire musclé » d’une de nos anciennes élèves entourée de bonhommes la déclarant pour on ne sait trop quel prétexte « folle à lier » Nous sommes passés de l’autre côté du miroir en protestant donnant des gages et des raisons de dire qu’ils se trompaient que M. était une excellente élève une lectrice hors pair pour son jeune âge de La vie mode d’emploi Je rêve à présent d’un car qui brinqueballe sur une route de montagne étroite au milieu d’une forêt Le bus touche soudain une arête de rocher qui l’envoie valdinguer dans le décor et s’écraser en contre-bas (comme dans un film de série B) Je vois un type en sortir comme un mannequin sans tête qui la tient dans ses bras (on dirait une des scènes de La femme 100 têtes de Max Ernst)

la femme du bœuf et de l’oiseau

une « adresse » de l’ami Brugeilles du 29/10/1988

le cachet de la poste faisant foi