
Si j’écris Je Ce n’est jamais moi C’est un Je d’écriture
Jean Jacques Dorio Un poème inédit par jour

Si j’écris Je Ce n’est jamais moi C’est un Je d’écriture

L’écriture à corps perdu C’est l’excès Ici à l’inverse c’est l’écriture cachée
Filer la métaphore, un filon, Une veine creusée par un poète capricieux, Quand d’autres se complaisent à leur guignon. Filer la laine du temps défait Sur le dos de nos bêtes disparues Celles qui habitaient notre maison Séparées de la cuisine Par une mince cloison. Filer Chronos, Ce temps qui a filé Un jour après l’autre, Ses ans, ses décennies, Son siècle bien pesé, Ses animaux malades d’une peste transmise En cette année deux mille vingt À des humains Qui n’en peuvent mais. Mai mai mai Au joli mai Aurons-nous enfin Guéri ?


Sur mon mur blanc Les images sont illisibles Mais dans ma tête elles fourmillent
pour María Dolores Cano La face cachée d’un poème Ici sur ce papier blanc blême Sur ce papier l’art d’échouage Où l’on essaie un mot puis l’autre En reliant Tohu-Bohu Guerre du Feu et de la Terre à la modeste poterie aux joies de l’homme d’argile à la femme qui barbotine La face cachée d’une pièce Mise ici sur le papier Barbotée bredouillée fouillée Au bout des doigts de Soi de l’Autre C’est réussi ou c’est raté Savoir-faire n’est pas donné Ici sur ce papier où l’encre Le temps d’un poème…a coulé
