LOIN DES ARBRES OMBREUX

Mes parents reposent sous un cyprès

Ma femme sous un pin d’Alep

Mon ami qui vivait à Menton rue des grenadiers
dort au cimetière des Trébuchets

-Et vous monsieur, où irez-vous dormir votre sommeil pour l’éternité ?

- Loin des arbres ombreux, depuis longtemps j’ai opté,
pour le pays des poèmes,
celui où n’entrent que ceux et celles qui changent leurs maux réels
en mots de fantômes errants.

labyrinthe des arbres ombreux : dorio 22/06/2023

LA CIGALE MYSTÉRIEUSE

J’écoute la première cigale venue sur l’amandier du jardin ce lundi à midi.

Elle anticipe de deux jours la venue officielle de l’été.

Elle accompagne cette petite pièce de Couperin que j’étais en train d’écouter.

Et puis fini, dernier coup de cymbale de Cicada orni, sur le dernier accord des Barricades mystérieuses.

C’est l’été. Estate.

QUITTER

-Quitter, dis-tu.
-Oui, quitter ici, a un sens particulier.
Celle qui m’a quitté, comme on dit pour nos morts,
Me disait souvent en me taquinant :
Allons quitte ce livre s’il te plaît, 
Et allons promener bras dessus bras dessous.
Et puis, tu ne l’as pas sans doute remarqué, mais quitter c’est qui t’es ?
-Qui je suis ?
-Oui, mais ne te précipite pas pour apporter une réponse toute faite.
Il faut quitter la page
Chercher l’autre rivage,
Littoral inconnu,
Nu, 
A chanté Nougaro, 
Avant de nous quitter.

dialogue intérieur XXV