
Je viens de faire et de réussir un beau feu de bois ici 23 Perrers Road in London Ça ne m’était pas arrivé depuis des lustres Aussi ai-je orné ma page ce soir de belles flammes noires 08/01/2023
Jean Jacques Dorio Un poème inédit par jour

Je viens de faire et de réussir un beau feu de bois ici 23 Perrers Road in London Ça ne m’était pas arrivé depuis des lustres Aussi ai-je orné ma page ce soir de belles flammes noires 08/01/2023
Mon carnet papier kraft et sa page 386
Ma vanité que j’imagine mangeant le livre de ma vie
Mon alcool doux comme une épingle de nourrice
Mon chant de l’alouette sur la Terre de Feu
Ma mémoire d’éléphant rongée par la petite souris des sables
Ma cellule de base qui bat dans la nuit noire
Ma voix que tu ne voies plus un linge blanc fermant ta bouche
Mon carnet de houx vert et de bruyère en fleur

premier jet 8 août 2015
Six heures quinze J’ouvre un œil Un jour nouveau À négocier J’ouvre mon blog Un lecteur d’Haïti A lu (c’est étonnant) Patatratement Il fait être un poète Un rien désuet Pour aligner des vers Patatratrement (Une autocitation) On ne prête qu’aux pauvres Ces riens sonores Qu’affectionnaient Les décadents Artistes des faubourgs Albatros déplumés Ou bien Libres-Senteurs Comme écrivit Henri Ce cher Heurtebise 1 Qui « n’est plus » Depuis le 7 janvier Au matin comme m'en informe en ligne Claude Vercey sur le site de la revue de poésie Décharge (J’attends toutefois Celui avec qui j’eus Une longue correspondance Sa lettre de confirmation) Six heures vingt-six (en temps réel) Je poursuis ce langage Sur papier Qui m’échappe à demi Un mot chassant l’autre Ou au contraire qui va s’étoilant De quelques braises inattendues Six heures trente-six Merci de patienter La suite du texte Tarde à se télécharger J’ai bien peur (six heures quarante-six) Qu’il disparaisse ainsi Dans le paysage Mais quelque part aussi Ça me soulage Moi qui à la fin De tous mes poèmes Et sans barguigner Écrit le mot Inachevé 1 Henri Heurtebise (14 février 1936-7 janvier 2023) 25 janvier 2023 (de 6h15 à 7h15) Une heure de doux patatras
FUGITIF me voilà poursuivi par des pages et des pages de littérature Fugitive parce que reine, c’est ainsi. 1 écrit l’un et l’autre grand prosateur à cheval sur les XVIII° et XIX° : J’allais m’asseoir à l’écart pour contempler la nue fugitive. 2 Fugitivement, fugitivité Une des grandes dames romancière, épistolière, essayiste, qui paya elle aussi de dix ans d’exil son opposition à l’empereur (non le Petit mais son oncle le Tyran) écrit de l’auteur du Roi des Aulnes (« Erlkönigen » en langue allemande) : Il ébranle toutes les cordes de l’imagination par ses poésies fugitives 3 Un éclair…puis la nuit ! Fugitive beauté Dont le regard m’a fait soudainement renaître 4Je fais la part de ce qui me vient sous la plume spontanément et que je connais encore « par cœur » et de ce que je glane sur l’écran de mon iPad prêté à ma fille professeure au prestigieux lycée français de New York et qui le racheta pour me l’offrir quand elle quitta l’établissement Ainsi s’affiche fugitif dans le Littré Je cours et je ne vois que des troupes craintives D’esclaves effrayés de femmes fugitives 5 Ce bon vieil alexandrin de cet auteur qui vint au théâtre par la lecture et qui après tant de pièces célèbres abandonna « le métier de poésie » pour briguer, on l’ignore le plus souvent, le « glorieux emploi » d’ « historiographe du Roi Soleil » La philosophe de l’Enracinement dénonçait à ce propos « Cet esprit de mensonge et d’erreur De la Chute des rois funeste avant-coureur » Ici, on ne badinait pas avec l’exigence de la vérité, associée d’ailleurs à la beauté : Le poète est une personne, pourtant dans les moments où il touche à la perfection poétique, il est traversé par une inspiration impersonnelle. C’est dans les moments médiocres que son inspiration est personnelle ; et ce n’est pas vraiment de l’inspiration. 6 Je songe alors à ce poème que je me récite souvent dans sa version originale : Me moriré en París con aguacero Un día del cual tengo ya el recuerdo Me moriré en París-y no me corro !… 7 (Je mourrai à Paris un jour de grandes eaux Un jour c’est sûr duquel je me souviens déjà Je mourrai à Paris- et je ne m’enfuis pas…) Extraordinaire poème écrit en alexandrins (type de vers quasi-absent de la métrique espagnole), écrit par ce poète péruvien qui allait effectivement, peu de temps après, « mourir à Paris », prenant à témoin les jours d’extrême solitude, les coups reçus par le plus innocent des hommes, l’os pair et asymétrique du membre supérieur (l’humérus), la pluie, les chemins…Et cependant No me corro : j’assume, je ne m’enfuis pas…
1 Proust 2 Chateaubriand 3 Mme de Staël à propos de Gœthe 4 Baudelaire 5 Racine 6 Simone Weil 7 Cesar Vallejo
Faute de mieux je fais des vers Des verts des jaunes des en couleur Je fais des vers d’amour de grâce Et de disgrâce sans valeur Pourtant je sue je m’évertue J’épuce les dictionnaires Mais depuis que je deviens vieux Je n’ai plus la faveur des dieux D’autres que moi sont honorés Leur chef orné de la couronne Du mol rameau d’un olivier Ci-gît JJ qui n’eut pas fame Fut fol usant en vain ses gammes Et pi mourut sans épitaphe