AU HASARD DES RENCONTRES

Au hasard des rencontres du dire et du contredire de l’enfant turbulent au vieillard cacochyme Au hasard des lectures que nous fîmes dans des milliers de chambres d’Europe et d’Amérique Au hasard de mes sommes dans le souple nid du hamac cosmique où les mythes entendus dans la churuata nous faisaient l’espace d’une nuit sans fin reculer de vingt siècles vers le futur

churuata : case commune des amérindiens au Venezuela)

UN TEXTE RATÉ

Une fois n’est pas coutume mais mon texte cette nuit est raté Il parlait des couleurs matières qui cachent un visage fardé pour un rituel Il parlait de la lumière noire de l’instant présent où le mot d’ordre des Lumières Ose Savoir a lamentablement tendance a être remplacé sur les réseaux de ragoteurs par l’ignoble Ose ne pas savoir O que ça fait mal O que ça fait mal Que ce triste monde ça fait mal !

LE MALADE RIT COMME UN BOSSU

Proust était malade à en crever mais pour l’oublier il tapait toutes les nuits sur le tambour de phrases qui n’en finissaient pas Puis sans crier gare il entendait la vie qui dehors à l’aurore reprenait Alors il posait plumes et encrier et appelait Céleste Il lui disait l’œil malicieux Céleste j’ai une grande nouvelle à vous annoncer Cette nuit après avoir trouvé le fin mot j’ai écrit le mot FIN Et ils riaient tous les deux comme des bossus

LE SEL DONT ON FAIT LES POÈMES

LE SEL DONT ON FAIT LES POÈMES

Au cœur de la ressemblance, la différence, l’ambiguïté du soleil noir, le miel de la mélancolie.  Les mots s’en vont dans la nuit blanche, jouer du coude, mettant à nu les facettes de tous nos clichés. Sur la balance de nos lubies, ils nous promettent d’être nuages, brassées de fleurs, constellations des Pléiades, alternativement mâles ou femelles. Au cœur de la différence, la ressemblance qui rend la mer folle de ce sel dont on fait les poèmes.