L’ART et le secret des marges courriel 52

Ici, l’échange de courriels est imaginaire. Mais non leurs auteurs : le lecteur est invité à chercher leur nom et à apprécier leur ping-pong verbal qui relève de l’entreglose et des anachronismes propres à la prolifique  » bibliothèque de Babel. »

Et, naturellement, si un lecteur inspiré ajoutait un troisième courriel aux deux présents, ce serait, pour l’auteur de cette petite série, gratifiant et inespéré.

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J.D. à JJ D.

Le vrai art, il est toujours là où on ne l’attend pas. Là où personne ne pense à lui ni ne prononce son nom. L’art, il déteste d’être reconnu et salué par son nom. Il se sauve aussitôt. L’art est un personnage passionnément épris d’incognito.

JJ D. à J.D.

Je rêve d’abandonner là mes rêves pour une machine à coudre les champs magnétiques

Je rêve de tous les prophètes dont l’on déjoue les prédictions dans le secret des marges

J.D. (31 juillet 1901-12 mai 1985) Le père de l’Art brut et de l’Ourloupe

J.J.D. (24 mars 1945-….) L’amuseur de poésie mode d’emploi a publié Le secret des marges aux Editions Rafael de Surtis en l’an 2011

DISPARITIONS

« L’écriture a cette vertu de nous faire exister quand nous n’existons plus pour personne. »
Georges Perros

Les fragments en italique sont des paroles reprises aux disparus, puisées dans leur œuvre et particulièrement de ce qui tend à se dérober au public, après tant d’années.
Les citations d’autres auteurs sont mises entre guillemets.
Le reste — bifurcations, rebonds à sauts et à gambades, ajouts , accords et désaccords, sont de mon cru.

Jean Jacques Dorio

DISPARITION XI

André B.

« L’adversité est notre mère et la prospérité est notre marâtre. » Montesquieu

« On imagine difficilement à quel point le succès rend les gens stupides et tranquilles » Apollinaire

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Nous rêvons sans compter les jours et les secondes

 Nous rêvons du Brésil

Des sambas et des bossas novas

Nous rêvons de signes ascendants et de champs magnétiques

Nous rêvons d’un lézard amoureux d’un chardonneret

Nous rêvons des tropiques et des trois tristes tigres

Nous rêvons de la clef des champs

Qui ouvrirait la route pavée

De l’or du temps

L’ALLÉE DE BUIS

Un signe ce matin à nouveau me fait signe

Celui de l’odeur forte d’un buis

Dans cette étroite allée que nous traversions, enfants,pour aller nous amuser près de deux anciens châteaux,

dont un avait connu un épouvantable crime de sang à la hache

Avant cette balade

Nous avions vu le forgeron -le faouré– mettre les bœufs au « travail » pour leur changer les fers

Mes vers sentent soudain la corne brûlée

SECRETS SUR LE BONHEUR courriel 51

Ici, l’échange de courriels est imaginaire. Mais non leurs auteurs : le lecteur est invité à chercher leur nom et à apprécier leur ping-pong verbal qui relève de l’entreglose et des anachronismes propres à la prolifique  » bibliothèque de Babel. »

Et, naturellement, si un lecteur inspiré ajoutait un troisième courriel aux deux présents, ce serait, pour l’auteur de cette petite série, gratifiant et inespéré.

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F. à F.

Le plus grand secret pour le bonheur, c’est d’être bien avec soi. Naturellement tous les accidents fâcheux qui viennent du dehors, nous rejettent vers nous-mêmes, et il est bon d’y avoir une retraite agréable ; mais elle ne peut l’être si elle n’y a pas été préparée par les mains de la vertu.

F. à F.

Il peut fort bien arriver que la vertu ne conduise ni à la richesse, ni à l’élévation (la gloire), et qu’au contraire elle en exclue : ses ennemis ont de grands avantages sur elle par l’acquisition de ces sortes de biens.

Mais une récompense infaillible pour elle, c’est la satisfaction intérieure. Chaque devoir accompli en est payé dans le moment. (…) On trouve dans sa propre raison et dans sa droiture un plus grand fonds de bonheur que les autres n’en attendent des caprices du hasard.

F. 11 février 1657-9 janvier 1757 : il vécut 100 ans moins un mois et deux jours, à cheval sur deux siècles (le XVII° et le XVIII°) On peut dire de lui ce qu’on dit de Voltaire : sa vie fut son plus grand chef d’œuvre. Bien que des œuvres il en produisit à profusion : Entretiens sur la pluralité des mondes, De l’origine des fables, au théâtre il donna La comète, il avait de qui tenir dans ce domaine, c’était le neveu de Corneille.

Après tout cela, ce sage, ce vertueux, c’est heureux est toujours un homme; il n’est point arrivé à un état inébranlable que la condition humaine ne comporte point; il peut tout perdre, et même par sa faute. Il conservera d’autant mieux sa sa gesse ou sa vertu, qu’il s’y fiera moins; et son bonheur qu’il s’en assurera moins.

F.