DISPARITIONS XXII Alain R.

DISPARITIONS

« L’écriture a cette vertu de nous faire exister quand nous n’existons plus pour personne. »
Georges Perros

Les fragments en italique sont des paroles reprises aux disparus, puisées dans leur œuvre et particulièrement de ce qui tend à se dérober au public, après tant d’années.

Les citations d’autres auteurs sont mises entre guillemets.
Le reste — bifurcations, rebonds à sauts et à gambades, ajouts , accords et désaccords, sont de mon cru.

Chaque Disparition se compose de sept fragments.

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Union des contraires

Je parle en formant mes caractères muets

Je parle dans ma tête comme d’autres parlent au papier

Le mien d’ailleurs comme tu peux le constater n’est pas blanc

C’est du kraftpapper : littéralement, mot suédois, « force du papier ».

Le mien est cependant force tranquille, un doux bruit, traçant comme un esquif.

Écrit en regard de 4×7 hypnographies : dorio 30 juin 2026


DISPARITIONS XXII Alain R.

DISPARITIONS

« L’écriture a cette vertu de nous faire exister quand nous n’existons plus pour personne. »
Georges Perros

Les fragments en italique sont des paroles reprises aux disparus, puisées dans leur œuvre et particulièrement de ce qui tend à se dérober au public, après tant d’années.

Les citations d’autres auteurs sont mises entre guillemets.
Le reste — bifurcations, rebonds à sauts et à gambades, ajouts , accords et désaccords, sont de mon cru.

Chaque Disparition se compose de sept fragments.
Ils paraîtront sur ce blog du lundi au dimanche,
pendant vingt-trois semaines,
soit cent soixante et un fragments


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LES MOTS, de même que les sons musicaux, que les formes perceptibles et les couleurs, sont des forces saisies au vol., transformant en langage humain « le chant de la Terre » ou la pensée collective.

SECRETS DE JARDINS

Forcément, chacun cultive son jardin ou le laisse à l’abandon. Ces derniers, outre les ronces, euphorbes ou matricaires, sont peuplées d’espèces venues des quatre coins de la planète Terre, tels le robinier faux acacia, le buddleia de David, la renouée du Japon. C’est une aubaine pour les oiseaux du ciel qui viennent y nicher au risque de se faire dévorer par les chats en maraude.

Dans l’autre cas, celui du jardin cultivé, le jardin remue ciel et terre pour que chaque fleur reçoive sa part de lumière, l’irisée comme, c’est plus surprenant, la noire.

Et ça donne les fleurs du mal du poète du Spleen, la fleur absente de tout bouquet du Symboliste, le bariolage des Baroques, le jardin imparfait de l’auteur des Essais et celui de mon père, qui fut sa gloire, et dont je cultive les Regrets.

COMME UN VOLCAN QUI PEU À PEU S’APAISE

Tu te réveilles

Ce qui te fais perdre le fil

Du rêve que tu étais en train de tramer

Le rêve où l’on t’enveloppe dans ton linceul

.

Puis pour te rendormir

Et oublier ce rêve cauchemar

Tu te mets à compter les grains de sable

De l’univers qui n’a ni début ni fin

.

Tu fais le yoyo dormir/se réveiller

Entre ces deux temps tu aides le vieil écrivain

À tisser son récit fantôme errant dans sa bibliothèque

Que le maître des Essais nommait sa « librairie »

.

Ainsi vivace le corps écrit

Pense ses plaies

Marche sur les braises

De ce volcan

Qui peu à peu

S’apaise