JE CHERCHE

Je cherche les yeux fermés

Les larmes des poèmes

Des autres dans mes vers

.

Je cherche un mur pour pleurer

Chante Anne Sylvestre enragée

Par la mer gelée au cœur

De ses contemporains

.

Je cherche rien de plus

Je cherche rien de moins

De la cave au grenier

Je cherche l’or du temps

.

Je cherche Monnet à Saint Lazare

Et Guillaume Apollinaire au Départ

.

Je cherche l’inspiration

Le duende des gitans

Qui part des pieds

Pour irriguer le corps

Jusqu’à la tête

.

Je cherche en traçant

Un cercle de craie

Autour de la musique

Créée par prélèvements

Des neuf symphonies

De Ludwig van

.

Je cherche une issue

À ce texte perdu

Dans le labyrinthe

Des blogs d’une poésie

Ininterrompue

QUAND TU T’ENNUIES

Quand tu t’ennuies

Tu écris le mot poème

De ta petite écriture

fine sur une carte rouge

bleue verte ou caca d’oie

.

Silence poème bouge encore

.

La formule n’est pas terrible

tu te dis

Mais personne à part

le maigre lectorat

du blog poésie

mode d’emploi

ne la lira

.

Poème remède à l’ennui

Tu dis ça pour la forme

Qui dépasse celui qui l’ex

prime

.

Oui cette dernière strophe

on ne peut plus boiteuse

C’est en prime

.

Fait aux Martigues

la nuit qui débute

le 5 mai 2025

LE SOUFFLE D’UN SONNET

Quelques alexandrins ça repose des brumes

Des bruits de la cité des querelles intestines

Du fracas des télés que les pauvres allument

Pour écouter Machin nous parler de Poutine

.

Quelques alexandrins on peut casser la rime

Ainsi fait le poème indigne du désir

très pur qui le dicta mais enfin il existe

On l’atteste on l’affirme la plume à la main

.

Sur l’ardoise du temps les mots hantent les choses

Le chaudron de Chardin la chaise de Van Gogh

La pipe de Magritte la lampe de ta chambre

.

Avec le cœur vibrant de la mer sous la lune

Une chanson de mai d’un Brésilien sublime

Le rythme et le souffle présents dans ce sonnet

UNE NUIT UNE SEULE

Une nuit une seule

Veilleur veillant

Ses encres blanches

Fondant dans sa tête

.

Une nuit une seule

Comme si c’était

L’ultime

La dernière lune

.

Une nuit une seule

Dans le fatras des Idées

Et des Correspondances

.

Une nuit une seule

Pianotant ce poème

En suspens

En écho des amours jaunes

De Tristan

.

Une nuit solitaire

Verbe vibrant

Dans la nuit sombre

Des neiges d’antan

.

TU NE CESSES D’ÉCRIRE

Et quand personne ne me lira a écrit un jour ou une nuit Michel de Montaigne

Tu ne cesses d’écrire en refusant d’écrire ce qui vient automatiquement

Tu ne cesses d’écrire ce que tu ignorais que tu allais écrire : une histoire vécue dans une bicoque de l’Altiplano péruvien entouré la nuit de momies de la période Inca, une pêche à la nivrée dans un bras de l’ Orénoque avec les indiens Panarés, une corvée où l’on monte au grenier le blé à dos de paysans dans ta maison de l’ Ariège.

Tu ne cesses d’écrire d’une encre qui se souvient de tout

Tu ne cesses d’écrire sans espoir et sans but mais aussi sans ratures le geste de l’archet l’insouci de la rime

Tu ne cesses de lire ce que tu viens d’écrire et qui sans lectrice ou sans lecteur ( une ou un suffit) restera langue morte