RÊVES EN RÉCITS





RÊVES EN RÉCIT

C’est une scie

Coupant ma souche





Je me réveille

D’un mauvais rêve

La main parlante

À l’inverse

M’ouvre la perspective

De mettre fin

Au désarroi





C’est une chance

Du tout-venant

Du bon hasard

Des mélanges

Où l’on s’affaire


Dans le palais

Des nuits





Des mots

Qui changent

Les frissons

Des tragédies

En mouvements

Arborescents





Récits en rêve*

Rêves en récits

Nos bonnes scies









*Yves Bonnefoy

14/02/2020

04h57

CE QUI NOUS TIRE SOUCI

premier jet
samedi de saint Valentin
05h26




Reste une sanguine
une encre qui s'obstine
au palimpseste du temps

Jacqueline Saint-Jean
Matière ardente
édition "Les Solicendristes"
vient de paraître





Si je vois le stylo

et ses traces sanguines

qu’il laisse

au fur et à mesure

que je le manie





Je ne sais pas

qui tient la barque

la maintenant

couci-couça





J’en perds mes noms

que je répare

tant bien que mal

et personne ne répond

à mes questions





Par exemple :

Comment se fait-il

qu’il soit si difficile

d’écrire

entre naturel et maniérisme

ce qui nous préoccupe le plus ?





Ma bien-aimée

si elle m’avait relu

m’aurait dit :

Ce qui nous tire souci









Saint Valentin

15/02/2020

05h26

LA LANGUE DES CLANDESTINS SAIT ATTENDRE





C’est un sentiment étrange

                                                           -comme « être ange »

                                                                un peu pervers

                                                            de l’ami Prévert-

Je suis en train de commencer

une écriture

que quelqu’un -me semble-t-il-

a déjà lue





Mais curieusement

au lieu de me « couper les ailes »

-me couper d’Elle

car c’est une lectrice

qui me court-circuite-





au lieu de rompre

les fils du texte

je le poursuis





je lui ajoute

ces alongeails

qu’affectionnait Michel

sur ses pages

écrites à Montaigne





cependant pour l’instant

je vais ôter ma pièce

du circuit

la dissimuler

aux yeux de cette Françoise

-une manière de la nommer-

qu’il faut tout de même

un peu désorienter





la langue des clandestins

sait attendre









13/02/2020

10h11