Avec les citations dont je fais des bouquets
J’entretiens des rapports d’amitié
Sunt lacrimae rerum
et mentem mortalia tangent
« Toutes les choses ont leurs larmes
qui émeuvent le cœur des mortels »
Les livres désormais m’entretiennent durant le repas
Nulle chose ne me fait pleurer
Mais leur saveur enfuie qui me la fit partager
- et sans cesse apprécier –
Avec celle qui de l’autre côté de la table
N’est plus là
Et avec qui nous fêterions
Son anniversaire ce jour d'hui
Martigues 10 avril 2024
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ET TOUT CELA PARCE QUE LA VIE NE SUFFIT PAS

Ce poème a été publié dans le recueil intitulé
LA NOSTALGIE DU PRÉSENT
Encres Vives n° 467 juin 2017
Michel Cosem l’âme et l’artisan d’E.V. disparu hélas cet été
en avait écrit la 4° de couverture qui s’était à l’époque perdue
Je la restitue ici tel que me l’a envoyée Annie Briet, sa compagne d’une vie :
Jean Jacques Dorio apporte à la poésie contemporaine une touche d’impertinence et d’imprévu.
Il aime moduler sa créativité dans toutes sortes de domaines : chanson, musique, graphisme et se verrait volontiers le continuateur de la tradition troubadouresque.
Il a bien chevillé une joie de vivre qui rend son écriture très tonique.
Michel Cosem Mas de Pestel juin 2017
ET TOUT CELA PARCE QUUE LA VIE NE SUFFIT PAS
Et tout cela parce que la vie ne suffit pas
Tu es le sourire des chats
Et le vent dans les pins
Tu es la culture des fleurs
Et la malle pleine de poèmes
Tu es les mille et un présents
De ta belle absente
Et tout cela parce que la mort ne suffit pas
L’ÉCRITURE THÉRAPIE
L’ÉCRITURE THÉRAPIE
Pour toi, ce silence et l’infini d’une parole, d’une douleur toujours renouvelée, que grâce te soit rendue.
Max Alhau (Ici)
La mort de Josiane D.
a brisé le miroir de Jean Jacques
Il l’écrit crûment
comme fragment d’un double
écartelé et décentré
Mais l’écrire n’est pas nostalgie
vers un bonheur du passé
L’écrire, et oser le faire lire,
manifeste la persévérance de nos voix
entre deux silences :
la voix de l’absent.e perdu.e
et celle des derniers lecteurs
qui vivent encore le rituel de poésie
entre « heureux mortels » qui font appel
aux Muses disparues
et à l’écriture d’un poème
qui par le travail sur la langue agit
Ainsi Je et Nous s’interpellent
Ce qui donne sens à l’écrit
Nous embrassons et ceux qui ont été
et ceux qui ne sont point encore,
non que les absents.
Michel de Montaigne
LE TRAVERSEUR DES VOIES PÉRILLEUSES
Sous l’histoire la mémoire et l’oubli
Sous la mémoire et l’oubli
la vie
Mais écrire sa vie est une autre histoire
Inachèvement
Paul Ricœur
(avec ma mise en espace
et une modification)
J’écris avec des mots
des images un stylo
J’écris à l’aveuglette
sans réfléchir sans infléchir
le projet de remplir
mes papiers d’identité
J’écris avec les données éparpillées
d’une vie de mémoires pillées
-la mienne et celle des gens de rencontre
croisés dans les livres,
les films, les musiques, les tableaux –
et en réalité
J’écris avec mes proches
mes deux filles qui me tiennent éveillé
J’écris avec celle qui s’est dérobée
mais qui demeure
mon art premier
J’écris avec ma femme
que j’appelais pour plaisanter
mon épouse préférée
avec sa joie de vivre
nos lettres d’amoureux
J’écris avec ses maux derniers
atroces cruels injustifiés
J’écris avec son absence
hors du temps
dans le lit solitaire
des mille et une nuits
J’écris avec des cris
et des outils
que j’essaie au mieux de maîtriser
pour comprendre cette histoire
au présent d’une vie
que « nul fil d’or
ne relie »*
*Jean Vilar
Chronique romanesque
(un livre qu’il avait « sur le métier »
quand une crise au cœur
l’a terrassé)
nb le titre fait référence
à la formule du poète Jean Bouchet (1476-1557)
qui se désignait comme
« LE TRAVERSEUR DES VOIES PÉRILLEUSES »