DE LA DIFFICULTÉ DE COMMENCER QUAND TOUT VA FINIR

Je me lance enfin dans le texte du jour après avoir raturé trois esquisses

S’il est ainsi difficile de commencer imaginez ce que ce sera de finir ai-je lu hier

C’est un livre sur la fin de toutes choses et en particulier sur les dernières œuvres d’un artiste ou la dernière prestation d’un sportif de haut niveau

L’équilibre précaire avant l’effondrement

Pourtant rien de funèbre et même de mon point de vue une certaine jouissance prophétique

(Je laisse mes lecteurs en juger)

Je suis chaque nom de l’histoire dit l’un, avant de se jeter à  Turin au cou d’un cheval battu et de plonger dans la folie (traduit de l’allemand)

Ce n’est pas la fin Nous nous recroiserons un jour ou l’autre sur l’avenue chante un second dans une version du Tangled Up in Blue  (traduit de l’américain)

Je suis né une année incertaine et les siècles m’encerclent de feu écrit le troisième depuis un camp de déportation (traduit du russe)

Voici pour cette nuit trois présents à méditer

Je les ai transcrits depuis ma chambre blanche dans un grand lit où ma morte en souriant se retourne et me dit :

Que veux-tu sans toi que je devienne ? Ouvre les volets le jour sort des ténèbres !

(longtemps après)

On ne résiste pas à ce dernier ajout proustien, lu sur les voûtes de Saint Marc à  Venise, qui n’est rien moins que l’évocation  de « l’éternel retour » :

Car tout doit revenir, comme il est écrit aux voûtes de Saint-Marc, et comme le proclament, buvant aux urnes de marbre et de jaspe des chapiteaux byzantins, les oiseaux qui signifient à la fois la mort et la résurrection.

COMME MILLE ÉTOURNEAUX DANS UN ARBRE





L’histoire de l’art est pleine de jalousies

De coups bas de crapuleries

Les beaux artistes adulés ou haïs

Se font maints crocs en jambes

Souillent exècrent se traitent

(je cite) de pleutres simulateurs

arrivistes faux témoins mouchards





C’est réjouissant c’est Rabelaisien

Surtout que à l’opposé

Ce même auteur ordurier

Est capable d’imaginer

Cent mille oiseaux dans un arbre

aux mains immergées…





Shakespeare que j’imagine

Comme un hétéronyme de plus

de l’homme Pessoa (Personne)

a tout dit :

Le monde entier est un théâtre

Et tous hommes et femmes

N’y sont que des acteurs

Ils ont leurs sorties

Et leurs entrées

Et chacun dans sa vie
A plusieurs rôles à jouer





https://www.youtube.com/watch?v=MBzfmvwHs84