DIX-SEPT LIGNES CONFIÉES AU SOMMEIL


Confiés au sommeil
Ces mots et lignes
Les derniers d’une nuit
Où j’ai lu Proust, Vigny,
Et Madame de Staël
(Germaine)

C’est à moi maintenant
De poser les pensées
D’un sentimental
Temps à l’arrêt
Cosa mentale
À la lisière de mes fantaisies
Et du nonsense

Mes yeux se ferment
Le stylo tombe
Il est l’heure d’éteindre
Ma calbombe



POÈME QU’AUCUN ÉCOLIER NE LIRA





le front bleui

près de la lampe

je reprends tout

à zéro





sur mon bréviaire

Petit Robert

je fais défiler les mots





entre calandre l’alouette

et calebasse où je buvais

le café avec les indiens

Goajiro





je vérifie aussi l’article

calebombe ou calbombe

qu’affectionnait Queneau





aucun bruit

si ce n’est celui – paisible –

de ce feutre

accroché à mes doigts





c’était il y a longtemps

se diront bien un jour

les enfants qui envoient

leurs messages

à toute vitesse

avec leurs pouces





Pouce !

fin de trêve

et de rêve

d’un poème

qu’aucun écolier

hélas !

ne lira