CAILLOUX VERBAUX

Cailloux verbaux

Genoux cagneux

Joujoux charnels

Hiboux méditant

Poux mystiques

Bijoux des pauvres

Choux à la crème

..

Cailloux scrupules

Genoux Je Nous

Joujoux au clair de lune

Hiboux nyctalopes

Poux d’opérette

Bijoux rhétoriques

Choux quantiques

.

Cailloux du chaos

Genoux gracieux

Joujoux informes

Hiboux tohou

Poux bohou

Bijoux du bas abîme

Choux de chez Maxime

.

Bijoux genoux

Cailloux choux

Hiboux joujoux

Poux

Madeleines

de Proust

cailloux verbaux voix 15 avril 2025

ET DE QUOI MEURT-ON ?

Et de quoi meurt-on ? Si ce n’est du Temps qui nous joue, la vie durant, de la mandoline, ce petit instrument à forme d’amande, avec ses six cordes doublées à l’unisson, dont Vivaldi fit un concerto sublime pour les jeunes filles qu’il saoulait de musique à « l’Ospedale de la Pietà. »

Et de quoi meurt-on ? Si ce n’est de pitié pour un cheval frappé à mort, sur une place de Turin, par un cocher ivre d’animalité, et que Nietzsche dans un dernier geste embrasse à l’encolure avant de s’effondrer pour l’éternité.

Et de quoi meurt-on ? À Sète cette fois, sur les pentes du « Cimetière marin », sur une page où la forme décasyllabe hume la future fumée de Valéry, l’Immortel à l’épée académique.

Ou bien, c’est en bas, au cimetière des pauvres, que l’autre sétois, « l’humble troubadour », exhibe sa « Supplique », en alexandrins s’il-vous-plaît, faisant du pédalo, « éternel estivant », sur la plage de la Corniche.

Et de quoi meurt-on ? « Ce n’est guère important », pense Montaigne « plantant ses choux » et « nonchalant » d’Elle – faucheuse, camarde, camarade du dernier souffle.

Ou bien, surprise du chef, c’est Rambour le poète de Bayeux qui m’aide à pousser mon dernier soupir, dans une page de son ouvrage La nuit revenante, la nuit. Car on meurt de tout cela, jusqu’à la dernière note de mandoline sur le générique…1

1 Jean-Louis Rambour LA NUIT REVENANTE, LA NUIT  Edition des Vanneaux (2005)

Mais on peut aussi « refuser de mourir » :

PHÉNIX

En procédant à l’impossible rangement des livres de mes bibliothèques, j’ai effacé tous les noms d’auteurs. Des voix anonymes s’élèvent du papier, images de l’évidence poétique ou paroles qui peu à peu s’éteignent.

À la fin, ma librairie est réduite à une planche branlante de cerisier.

Le peu de livres réunis ont retrouvé un auteur unique refusant de mourir ;

Oiseau des vents, pierre vive, arbre enchanté, métaphores vives embrasant Phénix.

https://www.leseditionsdunet.com/livre/un-dictionnaire-part-moi

SANS ME FAIRE DE BILE EN MARCHANT TRÈS LONGTEMPS





LE POURQUOI DU COMMENT
premier jet
25/03/2020
5h21




J’aime réfléchir au pourquoi du comment

Mais pas au point de suspendre

Mes fantaisies verbales sur la route créative

Sans me faire de bile en marchant très longtemps





Alexandrins croisés d’un type très connu

Qui naquit à Le Havre

Avec un inconnu

Celui qui réfléchit au pourquoi du comment





Activité de pauvre qui aime se poser

Les questions ‘xistentielles

Et nos se reposer sur ses oliviers





D’ailleurs il n’en a qu’un

Que lui-même planta

Dans son petit carré

De terre provençale





Montaigne dit à peu près

Que « nonchalant » de sa mort
Il aimerait qu’elle le prenne

« Plantant ses choux »





Activité d’un humain

Qui après avoir eu les charges de premier magistrat

Se mit en retrait

Lisant et réfléchissant la plume à la main





Manière en ses Essais

De démêler le pourquoi du comment