CHOSES QUI FONT BATTRE LE CŒUR









La naissance des enfants

Et des petits faons





Les Constellations de Joan Miró

Peintes à la gouache

Et à l’essence sur papier





Les poésies de Charles d’Orléans

au puits profond de ma mélancolie





L’encre noire comme le sang

de nos nuits sans encrier





La Fraternisation

portée au plus haut point

En Mai 68





La Disparition

Ce livre sans eux





Et ce dernier vers

Pour Celle

Que la mort a fauché





Choses qui font battre le cœur

PICASSO RUIZ LE ROSSIGNOL





Maintenant on est dans Picasso

Nez tordu bouche cousue statue nègre

Femme nue de dos assise au bras levé

Un bras d’honneur à la peinture académique





Picasso le nom de sa mère

-Qui signa un temps Ruiz

ruiseñor rossignol de mes amours-

nous assied dans une chaise cannée

par des guitares sèches

et des journaux d’avant la guerre

la boucherie des bœufs saignant

pendus au clou par Soutine





Papiers collés et déchirés

Ça fait un bruit sec

Mais les enfants qu’on amène au musée

en bande désorganisée

Ça les fait rire ça les fait se marrer





On n’est pas sérieux quand on a sept ans

Devant les coups de pinceau de l’ami Picasso





Picasso sur la plage 07/03/2021
le même dessin mais pas à la même heure
dessin au roseau de Camarde

LES HÉRAUTS NOIRS ET LES ENFANTS DE LA TRIBU

les hérauts noirs que j’ai tracés à la diable
une page "tel quel"
sur carnet papier kraft
format A6

LES HÉRAUTS NOIRS

ET LES ENFANTS DE LA TRIBU





Hay golpes en la vida, tan fuertes…Yo no sé !

Serán talvez los potros de bárbaros Atilas

o los heraldos negros que nos manda la Muerte*

Cesar Vallejo (1892-1938)





Les hérauts noirs

que j’ai tracés à la diable

Me regardent

Un à un





Certains me tirent avec malice la barbe

Comme le faisaient quand on apparaissait

Les enfants de la tribu

De ce peuple Panaré

vivant en surplomb de l’Orénoque





D’autres plus hostiles

Me lancent des cailloux

Avec leurs frondes





Une troisième figure tresse

des paroles apaisantes

Pour endormir dans le hamac familial

Son bébé





Et puis une rumeur commence

Une voix conte le récit du début de la nuit

Disputes et rires se succèdent

Bruits de bouches et de langues

Où passent les animaux

Du mythe et du quotidien





Je deviens l’un d’entre eux

Mais je ne sais lequel





*On prend des coups dans la vie, si forts…Je ne sais !

Ils viennent portés par les chevaux de modernes Attila

Ou comme les Hérauts noirs Que Mort nous envoie





(ma traduction 03/07/2020 jjd)

une voix conte le récit du début de la nuit

PLAGE D’ÉTÉ PLAGE D’HIVER

Rumeurs des vaguelettes mourant sur le sable
Rumeurs des vaguelettes mourant sur le sable
L'été mêlé aux odeurs de crèmes solaires
aux cris des enfants
aux voix des porteurs et porteuses
de smartphones

L'hiver sur la même plage
il n'y a personne
que le jeu infini des lumières
sur la mer

Et ton silence
Que je peins assis seul sur ma page blanche

Je te raconte
et te laisse résonner
dans les poèmes appris
en marge des bruits du monde

Marginal et pauvre 
en retrait des choses 
mais ayant ce pouvoir acquis
de tout dire
et sur tous les tons




 
d’une voix voilée
mais ce n'est pas intentionnel
ce serait bien et pour tout dire inespéré
qu'une autre voix
se fasse entendre
en marge des bruits du monde

 

IL Y A HASARD ET HASARD

page manuscrite
encres de chine
hypnographies
jj dorio
Marseille La Vieille Charité
19/02/2020
*
reproduction
dessin collectif
de surréalistes
à Marseille 1941




il y a hasard et hasard

et je n’écris pas ça

par hasard





ni par nécessité d’ailleurs

quoique





je jette les dés

je sors les mots

de mon chapeau

j’oublie ce que je vais dire

je frotte mon stylo feutre

sur les grains de folie

de mon papier

d’artiste





il y a hasard et hasard

et j’écris ça

par hasard





j’en fais don aux enfants

joyeux joueurs

et sans arrière-pensée





le pas ouvert

vers ceux et celles

qui donnent à voir

entendre et lire

la sensation

de participer

à la liberté incertaine

mais exaltante

de notre esprit*









Après que le pas a été ouvert à l’esprit,

j’ai trouvé comme il advient ordinairement

que nous avions pris pour un exercice malaisé

et d’un rare sujet

ce qui ne l’est aucunement.

Michel de Montaigne

Des vaines subtilités