TOURNÉ VERS L’INTÉRIEUR

Tourné vers l’intérieur comme vers le lointain

J’ai essayé de développer cette formule mais c’est resté à l’état de brouillon

Pourtant je la maintiens et la fait lire sur ce blog en pensant qu’il est possible qu’elle inspire d’autres que moi : une lectrice, un spectateur, adeptes d’une pensée sauvage, qui aiment devant l’énigme ne jamais renoncer

Tournés vers le lointain comme vers l’intérieur

COMME UN RÊVE D’ARBRES

aquarelle 23×30,5 cm Danielle Nabonne 15/10/2022

COMME UN RÊVE D’ARBRES

Chacune à sa manière
Déployant ses rêveries
Chacun comme un caractère
De mes hypnographies

Comme un rêve se coulant
Dans les courbes collinaires
D’un paysage avec figures
En absence

Et cependant quelque chose
Ou quelqu’un nous appelle
Qui insiste et nous met en présence
D’une énigme à déchiffrer :

Qui va là ?

hypnographies Dorio 28/08/2023

C’ÉTAIT LA NUIT





C’était la nuit

L’honneur des poètes

Que personne plus ne lit





C’était la nuit

Spirale d’un Nerval

« engloutissant les Mondes

et les jours ! »





C’était la nuit

Celle qui donnait le souffle

« aux enfants du limon »           





C’était la nuit

Sous la grotte Sibylle

Bredouillait ses énigmes





C’était la nuit

La nuit désenchantée

L’esprit de poésie

D’un poème oublié





14/11/2020

c’était la nuit

UN SONGE QUI SOUS MINUIT SCINTILLE





Je lisais un poème écrit en espagnol. Peut-être d’Octavio Paz, dont je vois la couverture noire,

et le titre en bleu sarcelle, Libertad bajo palabra. J’avais sous mes yeux, une page du livre, que

je lisais et relisais, mais mentalement.

J’étais assis sur un banc vert dans une rue populeuse, où les gens passaient et repassaient, comme

au paseo du soir. Je rêvais aussi, je ne sais plus dans quel ordre, qu’on descendait un escalier, avec

un groupe de personnes ensemble, visitant un musée.

Le poème, que je lisais et relisais,  était une succession d’images, comme dans l’écriture automatique

des surréalistes, mais sous forme de sonnet, forme abolie par André Breton.

C’est alors qu’un personnage envahit l’espace du rêve. Brun avec une moustache,

il passa devant moi, puis revint sur ses pas. Je n’étais plus dans la rue, mais sur le quai du chenal

qui traverse ma ville, en face de sa bibliothèque, rebaptisée « médiathèque ».

L’homme qui était passé devant moi, je n’en doutais plus, était le poète dont je lisais la page.

Carne y hueso, en chair et en os. L’occasion était trop belle, pour que je m’adresse au maestro mexicain.

Je choisissais une ligne forte, belle et quelque peu énigmatique, une étincelle noire, une pépite,

et la lançait en l’air, espérant qu’elle « toucherait » son supposé auteur.

Tendida, piedra hecha de mediodia, ojos entrecerrados donde el blanco azulea, entornada sonrisa. (Paz)

« Déployée, pierre qui sous midi scintille, yeux entrouverts dont le blanc s’azure, sourire entrebâillé. » (Dorio)

Mais la vision s’estompa au moment où trois à quatre individus s’assirent de concert sur mon banc.

Ils ne tardèrent pas à manifester leur hostilité, m’arrachèrent la page du livre et la déchirèrent en mille morceaux.

Le rêve réécrit ce matin, je ne trouve pas d’explication.

IL ÉTAIT UNE FOIS ET IL N’ÉTAIT PAS





Le poème est un art du problème

Il opère longuement dans le corps

De celui-celle qui l’écrit

De ceux-celles qui après coup

L’exécutent comme une partition





Le poème est un art du problème

Dont la solution n’est jamais donnée

Pas tout à fait cela pas tout à fait cela

Entend-on murmurer dans un fragment

des Upanishads





Le poème est un art du problème

Le lieu symbolique où je fais et refais

Ce monde qui ne va pas de soi :

Aixo era y no era

Dit le conteur populaire de Majorque

Pour préparer ses auditeurs

À l’énigme du discours métaphorique





Il était une fois et il n’était pas