ON VA BIEN VOIR : entrer de plain pied dans la page 12/16

on va bien voir
on va entrer de plain pied
sur la page
comme on entre
dans la mer

on va voir
si l’heure à laquelle
va s’achever le texte
est une clé
pour lecteur égaré
passant par hasard sur le blog

on va voir
ailleurs si j’y suis
si la lecture nous a transporté
dans un livre qui est fait
pour qu’on tourne les feuilles

Jean Jacques Dorio 00 :44 25/09/2023
noter la variation 
qui fait du texte "machiné"
un autre texte

ON VA BIEN VOIR : l’heure secrète d’un fragment perdu 8/16

on va bien voir
ce livre des heures
et des enluminures
les heures sombres
les heures heureuses

on va déplier
les rouleaux d’écriture
de scènes féériques
et de tendres retrouvailles

on va disparaître
dans l’heure secrète
d’un fragment perdu

Jean Jacques Dorio 21/09/2023  02 :32

HYPOCRITES LECTEURS MES SEMBLABLES MES SŒURS

1001 HYPOCRITES LECTEURS MES SEMBLABLES MES SŒURS Et vous ? Aimez-vous comme moi entasser les paroles et les gestes des gens de la cité Et vous ? Imaginez-vous l’éternité au cœur d’une pierre

antique ou Rayon de soleil dans la mer en allée Et vous ? Résonnant dans le vide qui entoure vos bruits raisonnant méthodiquement sur votre cogito brisé Et vous? Volez-vous de vos propres ailes Effarés dans la grotte des mythes amérindiens Et vous ? Êtes-vous paradigme perdu ou plutôt aporie Et vous ? Embourbés empêtrés ou bien Essence pure Et vous ? Voyez-vous vos pensées comme principes d’incertitudes Et vous ? Répétez-vous la scène de l’étrange étranger Et vous ? Regardez-vous le monde comme un fleuve de boue Et vous ? Tenez-vous la balance du corps et de l’esprit Et vous ? Pouvez-vous décliner vos noms prénoms surnoms sans rire Et vous ? Vivez-vous de fadaises et de lettres volées Et vous ? Connaissez-vous l’issue de votre destinée Et vous ? Tombez-vous à tous les coups du mauvais côté Et vous ? Continuerez-vous après votre disparition de vivre dans le titre d’un livre échangé Et vous ? Serez-vous monsieur Plume ou le fleuve caché Et vous ? Serez-vous ce silence que d’autres meubleront Et vous ? Écrivez-vous parfois la liste de vos premières fois Et vous ? Hasardant vos ruptures dans la continuité Et vous ? Nourrissez-vous vos nuits de lignes d’Insomnie Et vous ? Sable mouvant des ronces des lierres et des orties Et vous ? Fourmilier du grand llano tatou du charango Et vous ? Crevez-vous d’un cancer ou bien d’indifférence Et vous ? Sautez-vous dans le vide de cette espèce d’espace Et toi ? hypocrite lecteur mon semblable ma sœur

MILLE ET UN FRAGMENTS DU LIVRE D’UNE VIE COMMENCÉE LE 24 MARS 1945 ET QUI SE TERMINERA UN JOUR UNE HEURE…DANS L’INACHEVÉ (work in progress)

J’OUVRE UN LIVRE

J’OUVRE UN LIVRE pour y piquer quelques lignes pour m’y perdre pour y laisser intactes ses alouettes vers l’infini et Orphée au paradis J’ouvre un livre un serpent y dormait un sonnet y tournait remuant ciel et terre de la pampa argentine J’ouvre un livre à vrai dire c’est ma vie unique à vrai dire c’est la prochaine citation le rendez-vous elliptique : c’en est fini de venir au secours des images d’hier J’ouvre un livre douleurs de l’amour doux heurts petits secrets d’abord crus puis étouffés J’ouvre un livre blanc c’est mon autoportrait ce jeudi onze mai de l’an deux mille vingt-trois J’ouvre un livre où méditent les approches approximatives d’un enfant d’un homme d’une femme d’un kiosque où les miroirs du numérique ont remplacé le papier journal J’ouvre un livre embrouillé de pages de lignes et de propos : il y a énormément d’étoiles peut-être trop J’ouvre un livre écumeux salé vagabond bruissant tournoyant navigable indigné inconstant soucieux pacifique dérobé J’ouvre un livre apparemment réel apparemment rêvé celui de ma vie unique longtemps confondue avec celle des autres Un livre de sable de calcaire et de battements d’Elle mon Alice qui dort depuis mille ans entre ses pages vierges

https://www.leseditionsdunet.com/livre/un-dictionnaire-part-moi

UN LIVRE SAVON

Ce livre entre les mains m’échappe absolument

Me glisse entre les doigts tel le savon de Ponge

Silence sur la page je ne vois plus les mots

C’est de la bouillie pour les chats et les chiots

Une sorte de lave qui ma cervelle ronge

Un coup porté à Teste de monsieur Valéry

Cultivant l’art des restes et des amphigouris

(le reste dans la marge est hélas illisible)