FRAGMENT D’ÉTERNITÉ





Peut-être que…effectivement,

comme le suggère

le professeur Bayard*,

en écrivant

ces quelques braises d’imaginaire,

suis-je en train de plagier

(par anticipation),

Quelque poète futur

Qui dans cent ans

Viendra en aide à cette page

Où s’ébauche

la démarche hésitante

d’un fragment d’éternité





*Pierre Bayard Le plagiat par anticipation

LIRÉCRIRE pour le CONTER





« J’AIME LES LIVRES. J’aime leur monde. J’aime être dans la nuée que chacun d’eux forme, qui s’élève, qui s’étire.»

Pascal Quignard (L’homme aux trois lettres. Dernier royaume, XI.)

« Et je me rendormais un peu, oubliant toutes ces bêtises.»

Franz Kafka (La Métamorphose)

J’ai écrit comme je respire, et sans masque à papier.

JJ Dorio (55 fragments de littérature)





Avant que je ne disparaisse, avant que ne se dérobe mon étrange identité, je pratique le plaisir de faire mouvement sur une page blanche, vierge de toute écriture, en utilisant la ressource dictée par Julien Gracq : en lisant, en écrivant.

-Alors, tu vas encore faire ça ?

-Oui, bien sûr, de haut en bas, et de long en large.

-Et comment passes-tu de ton activité de lecture, à celle de ton écriture ?

-Eh bien…comme ça. Sans vraiment y penser, à sauts et à gambades.*

*Montaigne

(55 FRAGMENTS DE LITTÉRATURE)
texte en cours 

masques à papier (hypnographies) 25/11/2020

IL Y A LONGTEMPS QUE JE NE T’AI PAS ÉCRIT POÈME

premier jet
toujours sans ratures
mais la version ici donnée
a été longuement réécrite
avec les touches du clavier azertyuiop


IL Y A LONGTEMPS POÈME…

(en cours d’écriture)

*

Les poèmes sont des poteries tombées de la main de leurs créateurs et qui se sont brisées.

 Chacun en ramasse un fragment et y cherche sa vérité.

( variation d’un aphorisme de Rûmi poète persan du XIII° s)

*

il y a longtemps que je ne t’ai pas écrit poème à la gomme

poème à la noix tout de guingois

il y a longtemps que je t’ai pas fait gîter sauter remuer tête et pied

il y a longtemps que je ne t’ai pas confronté à la poésie universelle

ton absence trop longue me déchire le cœur

il y a longtemps que je ne t’ai pas accordé aux six cordes de ma guitare

au luth plaintif au piano du pauvre se pend autour du cou de Madame la Misère

comme chantait le grand Ferré

il y a longtemps poème que je ne t’ai pas attaché à la queue du grand chien

de l’ourse ou de la constellation de la lyre

il y a bien longtemps que tu n’as pas fait  rire  et pleurer ma bien aimée

avec tes vers qui hésitaient entre charmes et larmes

 il y a longtemps que je  ne t’ai pas revisité dans un haïku de Bashô

la route où après moi nul ne passe

il y a longtemps mais cette nuit d’automne je la passe sous le drap

sans toi grelottant …