J’ai reçu votre délicieuse carte avec un immense plaisir. Et avec cette délicatesse qui vous caractérise, je l’ai reçue le jour même de mon anniversaire. Votre envoi supplante toutes les lettres ampoulées, les bouquets de fleurs bien vite fanées, ou ces friandises que l’on nomme chocolats.
Vous n’ignorez pas combien j’associe votre nom à toutes mes pensées de tendresse, de beauté et d’admiration. Et en même temps, quand je suis en votre réelle présence, je suis comme pris d’une si forte émotion, que je reste muet ou balbutiant, comme un enfant qui se fond dans la couleur jaune qui vient de sortir de sa palette ou s’oublie dans un papillon voletant dans son jardin secret.
Mais de tout cela, jardin, pensées, voix du silence qui sont en nous et qui, si nous parvenons à les écrire, nous métamorphosent, j’ai le plaisir de vous dévoiler que j’ai commencé à l’inscrire dans un tout long livre, dont vous découvrirez quelques pages, à la rentrée, dans le feuilleton du Figaro.
Je connais vos dons de lectrice avisée, et vous savez combien votre regard sur moi fait parti de mon identité. Aussi, quand après m’avoir lu, nous nous reverrons, nos paroles pour la première fois, j’ose l’espérer, auront plus de consistance et, si je puis dire, de réalité.
À ce propos, vous ne m’en voudrez pas j’espère, de n’avoir pu m’empêcher de m’inspirer de quelques- uns de vos traits pour peindre au moins deux de mes héroïnes. (cette phrase retrouvée dans une lettre préliminaire n’a pas été envoyée)
Adieu Madame, veuillez accepter mes hommages d’attachement reconnaissant et profond.
Marcel Proust
source plagiée
lettre de Marcel Proustdepuis le grand hôtel de Cabourgà Madame Strauss*
demeurant l’été au « Clos des mûriers »
à Trouville
*ex Genevièe Halévy
Madame Bizet…
un peu duchesse de Guermantes
un tantinet Odette
et qui encore ?
modèle pastiché d’écriture de Marcel Proust fac-similé de la lettre véritable de Marcel Proust adressée à Madame Strauss
excepté la communication rituelle sur le « cellulaire »
avec tes deux filles
sous la forme d’un sms
et aussi d’une photographie ou d’un film d’une minute
montrant le petit diable de 4 ans
en ses métamorphoses
tu vis seul
ce matin le livre de poésie
te fait un cadeau inespéré
alors il répète tout haut ce qu’il vient de lire :
on erre quelques saisons parmi les apparences
avant d’entrer dans la disparition*
*Jean Grosjean (1912-2006)
Cantilènes
L’amour des roses de la vie voix paroles et musique jean jacques dorio accompagnement piano léo cottenpour obtenir le cd faites en la demande à l »auteur doriojeanjacques@gmail.com
vivre dans les livres ça peut aider à vivre pour de vrai Vivre dans les livres Ivre de Cripure Et des pieds nickelés vivre dans les livres de mémoires du berceau à l’outre-tombe vivre dans les livres des classiques Garnier et des romans de gare vivre dans les livres de Sylvie et Jérôme dans l’univers des choses vivre dans les livres de Calligrammes Cœur Couronne et Miroir vivre dans les livres du petit Candide bâtard de Thunder-ten-Tronckh vivre dans les livres qui partent dans tous les sens lecteur vous êtes d’une curiosité bien incommode vivre dans les livres des bibliothèques liquides de l’enfant de la haute mer vivre dans le livre où se confondent dans un seul mot les infortunés et les infâmes vivre dans le livre de l’homme des Essais sujet merveilleusement vain divers et ondoyant vivre dans la vie mode d’emploi avec un certain Plume et Zazie dans le métro vivre dans les livres pernicieux pour la foi l’éloge de la Folie le Cymbalum Mundi vivre dans les livres d’Emma Bovary (née Rouault) et d’Élise (ou la vraie vie)
et mourir dans les livres de la promesse de l’aube réduite à peau de chagrin
CRIPURE (CRItique de la raison PURE) Le sang noir Louis Guilloux – les pieds nickelés Louis Forton Mémoires d’outre-tombe Chateaubriand Les choses Georges Perec Calligrammes Guillaume Apollinaire Candide Voltaire Jacques le fataliste Diderot L’enfant de la haute mer Supervielle Les Misérables Victor Hugo Les Essais Montaigne La vie mode d’emploi Georges Perec Un certain plume Henri Michaux Zazie dans le métro Raymond Queneau L’éloge de la folie Érasme Cymbalum Mundi Bonaventure des Périers Madame Bovary Flaubert Élise ou la vraie vie Claire Etcherelli La promesse de l’aube Romain Gary La peau de chagrin Balzac
GUÉRIR LA VIE (texte en cours) les livres sont mes plus fidèles compagnons les copains d’la neuille comme chantait ferré les amis du chemin de ronde de mes nuits sans horloge les livres j’en ai partout de la cave au grenier je dis ça comme un symbole car de cave n’eus jamais quant au grenier c’était pour y monter les sacs de blé des terres semées par mon père et moissonnées par la communauté paysanne les livres cette nuit j’en ai dégoté un précieux qui se cachait sous une pile de journaux d’un autre temps un très rare certainement aujourd’hui pour le grain de papier et son tirage sur une presse à bras par marc barbezat à lyon son titre l’arbalète tout un poème d’arc et de baliste – du grec ballein : lancer – un livre lançant les flèches d’artaud qui demandait que l’on aliénât l’acteur un livre publiant une pièce de lorca « lorsque cinq ans seront passés »asi que pasen cinco años un poème en forme de bateau et de femme de roger vitrac une lettre-orangé d’henri pichette et bien d’autres merveilles c’était l’été 1948 j’avais trois ans mon dieu quel plaisir inouï de l’écrire en lisant en silence pour guérir de cette vie en pensant à rien d’autre en recopiant une phrase choc d’antonin artaud le théâtre est l’état, le lieu, le point, où saisir l’anatomie humaine, et par elle guérir la vie une conférence du 18 juillet 1947 où artaud le momo disait avoir frôlé l’ouverture de mon ton de cœur