ÉCRIRE EST UNE GAGEURE

Notre seule vérité possible doit être Invention c’est-à-dire écriture, littérature, peinture…

toutes les « tures » de ce monde.

Julio Cortazar (Marelle 1966) traduit de Rayuela (1963)

Dans cet espace écrire est une gageure j’te le jure il faut s’adapter aux mouvements du stylo feutre qui a recopié cette figure tracée sur le mur d’un Airbnb occupé au cours d’une semaine passée à Paris en janvier 2024 près de la place de la République Vive la République et ses poètes maudits

Martigues dimanche 21 avril 2024

LE TEMPS RECULE D’UN PAS

Le temps
Recule d’un pas
À la marelle
Nous jouons
Sans savoir
Que le temps
Avance toujours
C’est sûr
Sauf en rêve
Nous dormions
Cette nuit
Côte à côte
Nous parlions
Au chien
Qui veillait
Dans la maison
Tranquille

L’aube ouvrait
Ses yeux
Au dehors
Le temps
Reculait
De vingt ans
Je me réveille
Il est 8 heures
Me dit la radio
Enfin je crois

Danielle Nabonne
Dimanche 31 mars 2024

MARELLE





Marelle il suffit d’un mot

Pour ébranler le sens d’un monde

À tue-tête et à cloche-pied

Terre ciel enfer paradis

Et c’est pour de rire pardi !

Grenouille « Si la pluie te mouille »*

Rainette sur un nénuphar

À Giverny c’est nymphéa

Nymphes hermosas y feas

Une fée verte en style nouille

Mais dans le gosier de Verlaine

Ça fait violon des sanglots longs

Le mal au cœur le vague à l’âme

Vague divague sur la page

Coup de billard du vieux pillard

Des lavandières littéraires

De la lavande qui embaume

Le fouillis des mots d’un poème

Qui sous prétexte de marelle

Pour ébranler le sens du monde

S’est perdu dans le labyrinthe

Dont nul ne sort vivant ni mort





*Si la pluie te mouille mon amour nouveau (Anne Sylvestre)

METTONS QUE JE N’AI RIEN DIT

hypnographies
Dorio
23/05/2020

je parle au papier
avec ma voix
23/05/2020
11h30




Mettons que je n’ai rien dit.

Mettons que je m’appelle Ishmaël

et que pour chasser le cafard

l’envie me prend de naviguer.

Mettons que cette écriture,  

se fait en mode survie.

Mettons qu’elle se perd

dans Méandre fils d’Océan

et de Thétis.

Mettons qu’elle se relance

par ricochets et palets

d’une marelle étourdissante.

Mettons que cet exercice

de chevet  anaphorisant

m’évite la prise d’anxiolytiques.

Mettons que je traverse ainsi

mes intimes altérités

croisant  personnes et personnages,

lieux, paysages, époques, pensées

perdues et retrouvées,

scènes autres et nourrissant

mes feuilles d’ombre.

Mettons qu’à la différence

de l’écriture d’une poésie

qui requiert un temps infini

de retouches et variations,

ce dictionnaire s’écrit

d’une traite et joyeusement

à part moi.

Mettons, en effet,

que je n’ai rien dit.





UN DICTIONNAIRE À PART MOI

« Patchwork in progress)