CARNET DE NOTES

Cette nuit qui n’en finit pas j’ai retrouvé un carnet de notes écrites l’année 1973  Des esquisses sans phrases abouties  écrites debout dans la rue assis au café dans mon hamac portatif tissé par une amérindienne Kuna devant une exposition à Barcelone ou New York toujours loin de mon logis histoire de laisser libre cours à tout  ce qui parlait à l’époque dans ma tête  des notes venues comme par jeu sur le papier écrites par un je anachronique  et lointain mais que je ne me résous pas à croire totalement disparu

une page d’esquisse de carnet de Miró photographiée au musée Matisse cet été 2024

CAHIER D’OREILLER

102   UNE PAGE -Ce n’est pas aujourd’hui que tu finiras cette page me dit l’Un. – Finir de la lire, peut-être pas, mais en commencer une, en vis-à-vis, oui. Le corps étendu, j’ai sous mes yeux « Notes de chevet », Makura no sôshi, fragments écrits vers l’an mille (« quand les cathédrales étaient blanches » !) par Sei Shônagon, une sublime dame qui écrivait en secret dans une pièce du palais de l’Empereur du Japon.  Cahier d’oreiller, je préfère ce titre. Moi aussi en cette position je collectionne les choses rares, celles qui donnent une impression de froid ou de chaleur, les choses embarrassantes, celles qui ne servent plus à rien mais qui rappellent le passé, les choses agréables ou désagréables à voir, celles qui épuisent l’art de raconter. (la suite manque) Le livre d’une vie En mille et un fragments JJD texte en cours

LETTRES À LA NUIT NOIRE

  
Je vais voir ailleurs si j’y suis
C’est le parcours obligé de tout poème
 
Je vais voir le champ de marguerites
Où repose Suzanne ma mère
 
Je vais suivre le sillon que mon père
Destine au blé au maïs à la luzerne
 
Il est tard c’est la nuit noire
C’est ainsi que j’écris le mieux
 
L’œil distingue parmi mes notes orphelines
Des lettres dont vous n’avez aucune idée
 
Mais si vous les lisez étonné.e.s
Ailleurs sur le pas de votre porte
Ou à votre fenêtre éclairée
 
Ne me laissez pas sans nouvelles