QUELQU’UN QUI PARLE DANS LA NUIT



Quelqu’un qui parle dans la nuit
En lisant des poèmes
qu'il se donne l'illusion d'écrire
que personne par conséquent n'a jamais lus

Des poèmes à qui il voudrait faire un sort
Et qu'il donne en pâture sur sa page
aux mots fourmis aux nuages à l’oubli

On ne saura jamais se dit-il qui les écrivit
Divisé mécontent sans espoir
Ou bien Uni dans la joie en chantant

Quelqu’un (croiront ses lecteurs peut-être)
Qui voulait renouveler le monde
De sa belle Utopie

Multipliant les mots de passe :
Amont aval remous regrets
Remords râle gazouillis

Quelqu’un qui passe et disparaît
Quand tous les morts sont partis
Au grand bal des poésies

ÉLOGE DES INSOMNIES

ÉLOGE DES INSOMNIES

Je peuple mes insomnies de lectures et d’écritures éclairées par les nuits qui nous transfigurent. Il est vrai que ces séances de nuit que j’ai toujours pratiquées, ont été libérées dès que j’ai pu jouir de ma « retraite », sans me préoccuper de l’heure à laquelle « j’émergerais » de mon sommeil le lendemain.

Ainsi en cet instant, au milieu de la nuit, je lis lentement, très lentement, le chapitre « Rêver de dormir » d’une philosophe enseignant à la Sorbonne. Elle me donne une citation de Jean Jacques Rousseau dont je vais faire florès : C’est la nuit dans mon lit et durant mes insomnies que j’écris dans mon cerveau.

C’est la nuit dans mon lit que ma plume écrit au ralenti.

C’est la nuit dans mon lit que je prends tout mon temps pour lire et surtout relire mes livres culte.

C’est la nuit dans mon lit que je nage à contre-courant d’une société obsédée par la performance et le désir puéril de se montrer toujours d’attaque.

C’est la nuit dans mon lit que je recopie des phrases énigmatiques qui, je ne sais pourquoi, me font signe : L’ennui est l’oiseau de rêve qui couve l’œil de l’expérience.

C’est la nuit dans mon lit que mes yeux peu à peu se ferment et que je clos ainsi ces instants précieux par cette phrase rituelle : À demain les affaires.

QUELQU’UN QUI PARLE DANS LA NUIT


Quelqu’un qui parle dans la nuit
En lisant des poèmes qu'il se donne l'illusion d'écrire
Que personne par conséquent n'a jamais lus

Des poèmes à qui il voudrait faire un sort
Et qu'il donne en pâture sur sa page
aux mots fourmis aux nuages à l’oubli

On ne saura jamais se dit-il qui les écrivit
Divisé mécontent sans espoir
Ou bien Uni dans la joie en chantant

Quelqu’un (croiront ses lecteurs peut-être)
Qui voulait renouveler le monde
De sa belle Utopie

Multipliant les mots de passe
Amont aval remous regrets
Remords râle gazouillis

Quelqu’un qui passe et disparaît
Quand tous les morts sont partis
Au grand bal des poésies

QUAND JE M’ENNUIE LA NUIT

Quand je m’ennuie la nuit

Entre mes murs tout nus
Blancs comme linceuls de neige
Et que n’ai-je alors le pouvoir
de me désennuyer
en peignant la Joconde
ou en chantant les vers inspirés
d’Alcools Bergère o Tour Eiffel
ou des Fêtes galantes
Que vont charmant
Masques et bergamasques

Et voilà le résultat
Pas fameux un peu fumeux
Mais j'ai peint le passage
Avec ces vers d'oreilles
Écrits sur l'oreiller
Dans cette chambre à soi
Oû les phrases partent en voyage
Me suis-je dit Ai-je pensé
En songeant à l'essai de Virginia Woolf (la suite manque)

ÉCRITURE DE NUIT

Écriture de nuit
C’est tout un poème
Au soleil des mots
C’est vaille que vaille
l’alliance du calcul
et du délire sacré
C’est la phantaisie
de la verticalité
L'Écriture d’un cheval
écumant du col et des naseaux
C’est le dieu des fontaines
Où l’on noie les schizos
Écriture des nuits
La grâce d’un instant
La brassée de voyelles
Où l’on cherche
L’or du temps