À LA POURSUITE D’UNE PAGE PERDUE

À la poursuite d’un poème que je n’arrive pas à rattraper
C’est qu’il manque sans doute de réalité
Telle cette lecture assassine avec des yeux d’Adjiani
(je devrais mettre des guillemets)
Au pays d’Agagaragon on écrit des vers de la prose
On a quelque chose de Jekkyl et de Hyde
Del viejo leyendo novelas de amor
de The old man and the sea
Si par cette nuit d’automne un voyageur
reconnaît dans cette page perdue
le principe de l’iceberg
Nous ne lisons qu’un dixième de la page
Le reste sous le texte sont paroles gelées

Martigues 15 décembre 2023


CAHIER D’OREILLER

102   UNE PAGE -Ce n’est pas aujourd’hui que tu finiras cette page me dit l’Un. – Finir de la lire, peut-être pas, mais en commencer une, en vis-à-vis, oui. Le corps étendu, j’ai sous mes yeux « Notes de chevet », Makura no sôshi, fragments écrits vers l’an mille (« quand les cathédrales étaient blanches » !) par Sei Shônagon, une sublime dame qui écrivait en secret dans une pièce du palais de l’Empereur du Japon.  Cahier d’oreiller, je préfère ce titre. Moi aussi en cette position je collectionne les choses rares, celles qui donnent une impression de froid ou de chaleur, les choses embarrassantes, celles qui ne servent plus à rien mais qui rappellent le passé, les choses agréables ou désagréables à voir, celles qui épuisent l’art de raconter. (la suite manque) Le livre d’une vie En mille et un fragments JJD texte en cours