Ma poésie n’est pas à vendre La preuve ici elle est donnée Un courant d’air entre deux portes Fenêtres ouvertes sources cachées Ma poésie n’est pas à moi Moi et son culte effréné Des soi-disant poètes cloîtrés Qui se hérissent à votre approche Ma poésie Secret des Marges Petit métier À sauts et gambades Formes et forces de l’esprit Qui du poème fait magie Un présent une énergie Qui est dans la chose donnée Elle oblige le lecteur À ne pas la garder pour lui C’est le secret du don Il n’est jamais gratuit italiques titres recueils JJD
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LE TRAVERSEUR DES VOIES PÉRILLEUSES
Sous l’histoire la mémoire et l’oubli
Sous la mémoire et l’oubli
la vie
Mais écrire sa vie est une autre histoire
Inachèvement
Paul Ricœur
(avec ma mise en espace
et une modification)
J’écris avec des mots
des images un stylo
J’écris à l’aveuglette
sans réfléchir sans infléchir
le projet de remplir
mes papiers d’identité
J’écris avec les données éparpillées
d’une vie de mémoires pillées
-la mienne et celle des gens de rencontre
croisés dans les livres,
les films, les musiques, les tableaux –
et en réalité
J’écris avec mes proches
mes deux filles qui me tiennent éveillé
J’écris avec celle qui s’est dérobée
mais qui demeure
mon art premier
J’écris avec ma femme
que j’appelais pour plaisanter
mon épouse préférée
avec sa joie de vivre
nos lettres d’amoureux
J’écris avec ses maux derniers
atroces cruels injustifiés
J’écris avec son absence
hors du temps
dans le lit solitaire
des mille et une nuits
J’écris avec des cris
et des outils
que j’essaie au mieux de maîtriser
pour comprendre cette histoire
au présent d’une vie
que « nul fil d’or
ne relie »*
*Jean Vilar
Chronique romanesque
(un livre qu’il avait « sur le métier »
quand une crise au cœur
l’a terrassé)
nb le titre fait référence
à la formule du poète Jean Bouchet (1476-1557)
qui se désignait comme
« LE TRAVERSEUR DES VOIES PÉRILLEUSES »
MAIS D’OÙ TU PARLES MADAME POÉSIE ?
Si la poésie te parle un instant tu ne sais plus qui tu es
la poésie de l’instant c’est son présent
pur don offrande aux frères humains et aux sœurs lustrales
La poésie se tait aussi mais ne renonce pas
le regard embrassant un arbre suivant un insecte un oiseau
et si les mots se présentent il ne faut pas les manquer
La poésie ne sait pas ce qu’elle va découvrir dans sa quête inlassable
c’est le chemin qui n’existe qu’en le faisant
c’est cette ligne qui sans ses lecteurs s’enfonce dans le néant
La poésie naît d’un manque de l’existence
et meurt de la prétention de l’avoir aboli
dans une œuvre vouée aux honneurs
La poésie si elle n’est pas une expérience de vie et de pensée
sans cesse remise à zéro
n’est que la mer morte où agonise le soi-disant faiseur de poésie

texte Jacqueline Saint Jean
page composée sur papier kraft
format 14x10cm
Dorio
19/05/2017