DON DE SOI-MÊME

DON DE SOI-MÊME, une poésie de A.O. Barnabooth où on peut lire que « la haine et l’envie meurent en moi d’asphyxie ». Le poète Valéry Larbaud inventa son nom de plume en ajoutant au nom d’une banlieue londonienne Barnes, le nom d’une enseigne de pharmacie Booth. Il expliquait que Haine et Envie ne pouvaient pénétrer le Vide qui était en lui. Où que j’aille dans l’Univers entier Je rencontre toujours Hors de moi comme en moi L’irremplissable Vide L’inconquérable Bien. Moi, dont je tairai le nom, si je ne suis pas non plus affecté par la haine ou l’envie, c’est à la Joie que je le dois. Quand je suis triste, infiniment triste, des coups cruels donnés par l’existence, j’attends que revienne le désir de vivre et de persévérer, avec et pour les autres, et en particulier les « miens » et les « miennes » avec qui nous savons étayer nos vulnérabilités : elle dit la voix reconnue Que la bonté c’est notre vie Que de la haine et de l’envie Rien ne reste la mort venue Verlaine

RÉELLES PRÉSENCES





Page dernière d’un carnet fait de Réelles présences*

Chaque texte sous forme de poèmes se déployant

sur l’espace d’une page 17×12 cm





La couverture est ornée de dessins de papillons et de colibris

reproduisant illuminés d’or et d’argent

les motifs d’une artiste hippie des années 60

Laurel Burch  qui vivait à San Francisco  serait étonnée que son nom perdure

60 ans après associé à ses farfalle et mariposas





Paradoxe des gestes gratuits brodés sur des supports divers

Présents (cadeaux) que l’on offrait volontiers

à la première étrangère rencontrée dans la rue

Comme le don d’un bouquet





Ainsi se clôt cette page dernière

de nos arts premiers





* un livre de George Steiner





Je me souviens d’avoir donné et reçu ses petites traces écrites ou dessinées

à Greenwich Village dans les années 70


	

CE TOIT TRANQUILLE (un don des dieux)

ce toit tranquille où marchent des colombes




Le don des dieux, disait Paul Valéry,

du premier vers amorçant son poème

« Ce toit tranquille, où marchent des colombes »

Mais après, son daimon se retirait,

le laissant seul penser et remuer

sens et sons, mots perdus devant sa tombe.





Tout ce qui rend « intranquilles » les poètes

qui se donnent du mal comme Personne,

Pessoa et ses hétéronymes, vivant à Lisbonne.

Il faisait du patron de son « tabac »

Un héros de papier vendant ces cigares

Comme Descartes sa métaphysique,

Ou, Michaux, le Belge, ses chocolats.





Mais je m’égare dit Fol erratique,

le Fou Triboulet blasonné

par François Rabelais.





Minuit passé, la boucle se referme,

L’espace de la page n’en peut mais,

Sens et sons ont semé leurs germes sur

« Ce toit tranquille, où picoraient des focs.»


	

POÈME NE NAÎT PAS D’UN DON

manuscrit avec en vis à vis des signes tracés comme en hypnose




Poème ne naît pas d’un don

À Dieu je n’en fais reproche

Lui-même est le songe insensé

Sorti d’une encyclopédie

D’aveugles poètes impies





Poème naît d’effacement

De longue errance dans les livres

D’un moi pluriel qui réalise

L’alliance de Mémoire et d’Oubli

De métaphores vives et d’ironie





Ce poème s’est tissé en égrenant les lignes

De « poema de los dones »,

Une aimable fantaisie

Dont les dons, un à un,

Se magnifient et s’annihilent.





C’est Borges qui me l’a écrit.





17/01/2021

FIGURES DE L’ART MODESTE





FIGURES DE L’ART MODESTE

Figures d’homo ludens :

Fais de ta vie une œuvre d’art

Qui ne s’expose dans aucun musée





Figures aux sens multiples échangés

À contre-courant d’une société

Qui fait du marché de l’Art une bulle





FIGURES DU DON ET DU CONTRE-DON

De l’humour et de l’autodérision

Du petit oiseau dans ta tête

et « du bruit fait avec tes pieds »*





Figures d’un art modeste

qui nous aide à nous réinventer





*Yo quiero hacer un ruido con los pies

Y quiero que mi alma encuentra su cuerpo

Nicanor Parra





Je veux faire du bruit avec mes pieds

Et je veux que mon âme son corps intègre

(ma traduction)

pour prolonger ces figures du don et du contre-don
http://reveusedemots.blogspot.com/

a thing of beauty is a joy for ever
Keats
une chose de beauté est une joie pour toujours