RÉELLES PRÉSENCES





Page dernière d’un carnet fait de Réelles présences*

Chaque texte sous forme de poèmes se déployant

sur l’espace d’une page 17×12 cm





La couverture est ornée de dessins de papillons et de colibris

reproduisant illuminés d’or et d’argent

les motifs d’une artiste hippie des années 60

Laurel Burch  qui vivait à San Francisco  serait étonnée que son nom perdure

60 ans après associé à ses farfalle et mariposas





Paradoxe des gestes gratuits brodés sur des supports divers

Présents (cadeaux) que l’on offrait volontiers

à la première étrangère rencontrée dans la rue

Comme le don d’un bouquet





Ainsi se clôt cette page dernière

de nos arts premiers





* un livre de George Steiner





Je me souviens d’avoir donné et reçu ses petites traces écrites ou dessinées

à Greenwich Village dans les années 70


	

CE TOIT TRANQUILLE (un don des dieux)

ce toit tranquille où marchent des colombes




Le don des dieux, disait Paul Valéry,

du premier vers amorçant son poème

« Ce toit tranquille, où marchent des colombes »

Mais après, son daimon se retirait,

le laissant seul penser et remuer

sens et sons, mots perdus devant sa tombe.





Tout ce qui rend « intranquilles » les poètes

qui se donnent du mal comme Personne,

Pessoa et ses hétéronymes, vivant à Lisbonne.

Il faisait du patron de son « tabac »

Un héros de papier vendant ces cigares

Comme Descartes sa métaphysique,

Ou, Michaux, le Belge, ses chocolats.





Mais je m’égare dit Fol erratique,

le Fou Triboulet blasonné

par François Rabelais.





Minuit passé, la boucle se referme,

L’espace de la page n’en peut mais,

Sens et sons ont semé leurs germes sur

« Ce toit tranquille, où picoraient des focs.»


	

POÈME NE NAÎT PAS D’UN DON

manuscrit avec en vis à vis des signes tracés comme en hypnose




Poème ne naît pas d’un don

À Dieu je n’en fais reproche

Lui-même est le songe insensé

Sorti d’une encyclopédie

D’aveugles poètes impies





Poème naît d’effacement

De longue errance dans les livres

D’un moi pluriel qui réalise

L’alliance de Mémoire et d’Oubli

De métaphores vives et d’ironie





Ce poème s’est tissé en égrenant les lignes

De « poema de los dones »,

Une aimable fantaisie

Dont les dons, un à un,

Se magnifient et s’annihilent.





C’est Borges qui me l’a écrit.





17/01/2021

FIGURES DE L’ART MODESTE





FIGURES DE L’ART MODESTE

Figures d’homo ludens :

Fais de ta vie une œuvre d’art

Qui ne s’expose dans aucun musée





Figures aux sens multiples échangés

À contre-courant d’une société

Qui fait du marché de l’Art une bulle





FIGURES DU DON ET DU CONTRE-DON

De l’humour et de l’autodérision

Du petit oiseau dans ta tête

et « du bruit fait avec tes pieds »*





Figures d’un art modeste

qui nous aide à nous réinventer





*Yo quiero hacer un ruido con los pies

Y quiero que mi alma encuentra su cuerpo

Nicanor Parra





Je veux faire du bruit avec mes pieds

Et je veux que mon âme son corps intègre

(ma traduction)

pour prolonger ces figures du don et du contre-don
http://reveusedemots.blogspot.com/

a thing of beauty is a joy for ever
Keats
une chose de beauté est une joie pour toujours

MA POÉSIE N’EST PAS À VENDRE




Ma poésie n’est pas à vendre
La preuve ici elle est donnée
Un courant d’air entre deux portes
Fenêtres ouvertes sources cachées
 
Ma poésie n’est pas à moi
Moi et son culte effréné
Des soi-disant poètes cloîtrés
Qui se hérissent à votre approche
 
Ma poésie Secret des Marges
Petit métier À sauts et gambades
Formes et forces de l’esprit
Qui du poème fait magie
 
Un présent une énergie
Qui est dans la chose donnée
Elle oblige le lecteur
À ne pas la garder pour lui
 
C’est le secret du don
Il n’est jamais gratuit
 
 
italiques titres recueils JJD