POÈMES NON LUS POÈTES DISPARUS

Jamais on n’a autant écrit de poèmes et jamais on n’en a aussi peu lus

J’ai lu ça il y a des plombes

J’ai lu aussi que les neuf dixièmes des livres sont inutiles mais on ne peut discerner lesquels qu’après coup

Longtemps Longtemps Longtemps après que les poètes ont disparu

LES POÈTES QUE NUL NE CONNAÎT

Les poètes qui refusent de se vendre au marché de la poésie

Que l’on publia naguère dans quelques revues discrètement disparues

Les poètes dont on taira le nom ici

Hommes erratiques femmes farouches

Libres senteurs mantes irreligieuses

Ces poètes cette nuit envahissent mon espace vierge

Comme la page que l’on combat à corps perdu

Ils passent par milliers elles m’écrivent d’outre-tombe

Je leur fais part en retour de mes rêveries pacifiques devant l’océan du même nom

Depuis Valparaiso Val Paradis

Présent presente y para siempre *(pour l’éternité)

*qui trouvera l’allusion faite à l’enterrement d’un poète (de chair et d’os) gagnera mon premier recueil de poèmes publié en 1975 par P.J.Oswald (hors commerce désormais)

FANTAISIES ORPHIQUES

Secrets amours

Les secrets taire

En écrivant

Ces quatre vers

Amours secrètes

C’est plus correct

La langue court

Sur le papier

Et dans la tête

Fait des calculs

De géomètre

J’entends encore

Le grain de voix

Du professeur

Faisant leçon

Sur exceptions

Orthographiques

Un ange passe

Il n’a pas d’ailes

Mais le visage

Illuminé

Par des couleurs

Quasi orphiques