LE POÈME NOUS FAIT DES SIGNES

Le poème nous fait des signes
Même quand nous ne savons pas de prime abord les interpréter
Des signes amicaux Coco
Ou de fantasques primesauts
Poèmes à prendre avec des pincettes
Venus de Montréal de Paris ou de Cette
Ou d’un vers qui se tord pour dire sa douleur
Poème en peu de mots ennemi de la phrase
bouclée bâclée définitive
Échos parlant selon Villon
Inscriptions sur des stèles que nous avons du mal à lire
Et pour finir
Ce poème en cours mouvant fragile
Vous a-t-il fait des signes ?

COMME UN BON PAIN

Faire lever 
comme un bon pain
des poèmes
des inédits
comme on dit
Ou bien
Pousser la porte
simplement
Sans attente d’images
Mais en revoyant
ému
Celles de ton jardin d’enfant
Et se souvenir
Que l’amour a été
Tout pleins d’été
Où l’on faisait
lever des poèmes
comme du bon pain
sans fin

PAGES D’ÉCRITURE


Je me bats chaque jour avec mes pages d’écriture
Je parle comme disait Montaigne au papier
Je voyage dans les mots que je ne connaissais pas
(cette nuit c’est berloque et talharpa)
Je me frotte aux passages qui me fécondent :
sur la mémoire et l’oubli
la guerre et la paix
la dispersion et l’identité
les exercices de style
et le livre de l’intranquillité
Bercé au gré des longs courants
Qui serpentent entre les pages
Quand j’écris au galop
Je n’ose pas me relire
Et quand je me relis
J’entends un disque rayé

DON’T WORRY BE HAPPY

Couinements et grimaces 
Petits cris syncopés
J’assiste à un concert jazzy
Je vois les musiciens
Autant que je les entends
Puis je fais comme eux
Qui en jouant ferment les yeux
Et c’est le miracle
la musique improvisée
entre en moi et me métamorphose
Ne t’en fais pas et sois heureux