Je dirai que j’ai pris des coups
Et que maintes fois j’ai perdu le nord
Je dirai que je me suis relevé
Je dirai que j’ai cherché la voie
Je dirai que la nuit la lampe est mon soleil
Je dirai Terre en vue
Je dirai l’esprit des bêtes et des arbres
Je dirai le corps qui dicte à l’esprit
Je dirai le vide qui broie les mots inadéquats
Je dirai ma gratitude à ceux et celles qui m’ont écrit
Que ce que j’écrivais leur donnait un peu de joie
Je dirai que je n’ai rien dit
Author Archives: Jean Jacques Dorio
TOUT FEU TOUT FLAMME
Tout feu tout flamme
Brûle mon âme
Sur cette page
Que nul ne lit
On me dit fou
(fada ici)
Je me crois sage
Me balançant dans le hamac
tendu entre deux pins du cru
Et nous voilà
Faisant ces vers
Plaçant ces mots
Tout feu tout flamme
D’où naîssent paroles
Qui dans la nuit
Font un sujet de poésie
À LA SEMBLANCE DU BEAU PHÉNIX
Et je chantais cette romance
En 1903 sans savoir
Que mon amour à la semblance
Du beau Phénix s’il meurt un soir
Le matin voit sa renaissance
Guillaume Apollinaire
La chanson du mal aimé
Je suis tout feu tout flamme
Je suis l’eau remontant à mes sources
Je suis l’air de rien
Je suis la terre des Dorio (tous laboureurs)
Je suis le souffle qui ravive dès matines les braises du foyer
Je suis l’eau de l’orage sur le visage de Rrose Sélavy
Je suis la terre que le blé vert adoucit
Je suis l’air dont s’abreuve l’alouette du troubadour
Je suis le poète contumace à l’esprit follet
Je suis la mer la mer toujours toujours recommencée
Je suis la Mère Terre (va-t-elle mourir la Pacha Mama ?)
Je suis Phénix qui écrit des poèmes après Auschwitz*
*Dans cette ville de Francfort), Theodor Adorno a prononcé une grande phrase : on ne plus écrire de poèmes après Auschwitz. Disons-le autrement : après Auschwitz on ne peut plus respirer, manger, aimer, lire. Mais quiconque a déjà inspiré une première gorgée d’air, quiconque s’allume une première cigarette a décidé de survivre, de lire, d’écrire, de manger, et d’aimer. Heinrich Böll
LA PLUS QUE LENTE
Je n’aime pas raturer
si bien qu’un début raté
je le recommence
sur une autre page
Ainsi vous ne lirez pas
ce début-ci
qui faisait la part belle
à La plus que lente
une valse écrite
par Claude Debussy
FIN DE JOURNÉE
call it a day
la journée est terminée
me dit-on
on ne me dit pas en revanche
comment les heures
de ce jour unique
ont tourné :
à cheval sur Rocinante ?
ou bien exposé sur le ring poétique
où l’on prend des coups sans compter ?
(Hay golpes en la vida Yo no se)
ou bien qui sait en écoutant
Amor de mis amores
cette valse péruvienne
qui a donné l’air endiablé
de la Foule chantée par Piaf
Et puis retour en soi
en votre for intérieur
Un petit air du soir
Vous accompagne
Mañana es otro dia
une suite
passé minuit
contrevenant à ma dernière ligne
Demain est un autre jour
Je poste sur le blog
le poème présent
issu d’un temps non compté
consacré à l’écriture
et à la douce ivresse
que procure la fabrique
d’un texte inachevé
.
À PARIS IL Y A
À Paris il y a
Un quai aux fleurs un marché aux oiseaux
Une foire à la ferraille une rue du Congo
Une place Pigalle une gare Saint Lazare
Un musée du Louvre une rue Vaugirard
Un champ de Mars une rue de l’Échaudé
Une place Saint Michel une rue du Bac
Une statue de Montaigne mais pas de Bachelard
Un jardin des Plantes un boulevard Bourdon
où se rencontrent Bouvard et Pécuchet
Un quai de Passy une place Saint-Sulpice
Un boulevard Malesherbe un quai de la Mégisserie
et une place Saint Germain des Près
après laquelle il n’y a plus d’après