La pluie fait du goutte à goutte
Fenêtre ouverte je l’écoute
Il pleut ces lignes sur mon papier
Il pleut il pleut bergère
Il pleut 9 rue de la Bergeronnette
C’est la pluie petit patapon
La bonne petite pluie
La pluie pour les poètes
La pluie pour les Lapons
La pluie fait du goutte à goutte
Elle tombe infinie
Je referme la fenêtre
Mon poème est fini
Martigues dimanche 28 avril 2024
Jean Jacques Dorio 9 rue de la Bergeronnette
Author Archives: Jean Jacques Dorio
encore un petit
encore un petit
petit petit petit
il court sur la page
ce samedi soir
il se hâte lentement
sur papier glacé
il hésite aussi
en somme
il ne sait pas bien
où il en est
ce petit popo
ce petit poème
qui passait par là
dans mon atelier
TROIS HEURES TREIZE
Trois heures treize
Ma sœur Thérèse
La nuit est belle
Sous la chandelle
Les vers s’égrènent
Issues et graines
Voix solitaire
On ne peut taire
Cet air très vieux
Que rajeunit
Ce nouveau dieu
Qui toujours nie
Trois heures vingt
Frère Sylvain
La nuit rebelle
Blonde aux yeux noirs
Flamme éternelle
Vêtue de noir
Les vers chancellent
De purs sanglots
Le chant de celle
Partie trop tôt
L’horloge sonne
Il n’y a personne
ENCOR UNE LISTE SYBILLINE
l’étoile bêta du Centaure
le piano de Jacky Terrasson jouant Besame mucho
le conatus de Baruch Spinoza
la fabrication d’un cerf-volant par un enfant de 7 ans
la contemplation d’un singe empaillé dans une vitrine rue Mr le Prince
les films de Rivette à la cinémathèque
les romances sans paroles
la pavane pour une infante défunte
les poissons dans les aquariums rue de la Messagerie
et particulièrement l’Axolotl avec son petit visage aztèque
et la Maga cette héroïne de Rayuela
dont on a fait en français une Sybille poussant le pavé de Marelle
J’ÉCRIS SEUL EN SILENCE SUR L’OREILLER
J’écris seul en silence sur l'oreiller
en mesurant la chance de ne pas écrire « dos au mur »
comme ce qui advint à l’admirable André Chénier
guillotiné le 7 Thermidor de l’an II
à l’âge de 31 ans :
comme un dernier rayon
comme un dernier zéphyre
au pied de l’échafaud
j’essaie encor ma lyre
J’écris seul en silence accompagné par les vers scabreux
d’un poète ignoré aujourd’hui :
Muses vous présidiez au viol imaginaire
Des belles passantes
Qui nous coupent le cœur
Et du même, dans un autre registre :
Exaltant le présent, ces mots disent aussi son anéantissement.
L’instant passionnément désiré disparaît aussitôt qu’existant.
Telle est la tragédie de l’hédoniste.
J’écris reproduisant ces bons mots qui me réjouissent :
-Seuls les idiots n’ont pas de doute.
-Vous en êtes sûr ?
-Certain !
J’écris pour me soigner des maux de la tribu.
J’écris face aux vents contraires
Donnant chaque jour sur mon blog
(depuis le 8 janvier 2006)
un petit texte nouveau
éclairé faiblement par une simple allumette :
tant que durent les allumettes
avec André Chénier (30 octobre 1762 Constantinople- 25 juillet 1794 Paris)
Gilbert Lély (1° juin 1904 Paris-4 juin 1985 Paris)
Courteline Georges (25 juin 1858 Tours-25 juin 1929 Paris)
Noter dans ses dates de naissance et de disparition le comique de répétition
Et pour les allumettes Antonio Tabucchi (24 septembre 1943 Vecchiano-25 mars 2012 Lisboa)
Martigues 24 avril 2024