Le temps d’un poème
Mimésis créatrice
C’est au sein du poème
Que jaillissent des images
La diction et la vision
vont de pair
Verlaine pour cela
préfèrait l’impair
L’espace d‘un poème
Le langage
en état d’émergence
Secoue son lecteur
par sa nouveauté
C’est un retentissement
L’image poétique
prend racine en nous-mêmes
C’est du pur Bachelard
Author Archives: Jean Jacques Dorio
MOTS
Mots troués
Comme les pièces de monnaie
Qui existaient en mon enfance
Mots perdus
Comme le pain
Fait de restes de mie
Avec un peu de lait
Mots mollets
Comme l’oeuf cuit
Dans sa coquille
Mots muets
Comme les choses
Et les âmes mortes
Mots utiles
Pour soigner
Nos maux
Mots de l’écho
Le cri et le rire
S’y engouffrent
Mots d'un poème
Ouverts vulnérables
Jusqu'à son fin mot
UNE LISTE ÉCRITE ENTRE DEUX SOMMES
Dès que je me réveille après un premier somme faire des listes est toujours mon truc, dans ma tête la plupart du temps ou sur le papier comme à l’instant :
le souvenir qui avait disparu et qui me revient d’une Albertine rencontrée une nuit de mai 68 à Toulouse,
les premières notes d’Élise cette bagatelle de Ludwig van Beethoven,
une conférence sur totem et tabou au Musée de l’Homme,
une putain à renard argenté lisant Madame Bovary sous un réverbère,
une escapade amoureuse avec ma dulcinée à Rocamadour.
Ceci noté j’éteins la chandelle et je me rendors en songeant à toutes les choses qui n’entreront jamais dans aucune de mes listes.
ÉCRIRE EST UNE GAGEURE

Notre seule vérité possible doit être Invention c’est-à-dire écriture, littérature, peinture…
toutes les « tures » de ce monde.
Julio Cortazar (Marelle 1966) traduit de Rayuela (1963)
Dans cet espace écrire est une gageure j’te le jure il faut s’adapter aux mouvements du stylo feutre qui a recopié cette figure tracée sur le mur d’un Airbnb occupé au cours d’une semaine passée à Paris en janvier 2024 près de la place de la République Vive la République et ses poètes maudits
Martigues dimanche 21 avril 2024
UN PARLER OUVERT OUVRANT UN AUTRE PARLER
Je relis mes fadaises
Elles sont faites des mille et une voix
posées ici sur ce mode d’emploi imaginaire
d’une poésie en train de s’inventer
Je provoque les étincelles de mes roues à aube
avec le bois du cèdre et le torrent des œuvres
qui les fait continûment tourner :
Libérez-vous de servitude et de vos idées arrêtées
Et passez outre la confusion et la discorde
dictées par la rumeur du monde
Je relie mes impasses
À la trop grande impatience
Qui pousse à la rue les égarés
Dialogues de sourds
Refus de s’accorder
Je tâche d’y voir clair
Dans les choses inconnues
Qui viennent de ces mots
Qu’il faut apprendre à taire
Quand tout est confusion
Mais quand je les confie au papier
J’oublie toute prudence
Et laisse résonner
Selon le souhait manifesté par Michel de Montaigne :
Un parler ouvert ouvrant un autre parler
Et le tirant hors
Comme fait le vin et l’amour