Le poème court Sur la page sur la plage Cherchant l’or du temps
Author Archives: Jean Jacques Dorio
AMOURS ET CONTR’AMOURS VOS ARDEURS ÉCRIVEZ
Amours et Contr’amours vos ardeurs écrivez Amours pures d’un jet Contr’amours contariées Les Amours de Ronsard Contr’amours de Jodelle Couché au doux abri d’un myrte et d’un cyprès D’Aubigné amoureux, les horreurs de la guerre Tente en vain d’oublier Amour faites non la guerre Allez mes vers accompagnez plutôt que massacres Beautés Sonnets pour vos belles angevines Belles comme l’aurore de paroles divines D’un seul petit regard nous voilà enflammés Comme on voit dans la nuit un beau ballet d’Amour Contr’amour s’est noyé dans le fleuve Méandre Vos yeux sur les minuits viennent encore me prendre
HAÏKU 01:50
J’écris sommeillant Cet haïku si peu présent Couleur de l’oubli
JOURNAL DE NUIT
JOURNAL DE NUIT
Des fois, ou plutôt Quelquefois, ou encore, par esprit de contradiction, Toujours, on se lance dans une phrase, par pur plaisir de s’y lancer, comme l’on court d’un coup, ou plutôt tout à coup, poussé par on ne sait quelle mouche, piqué pourrions-nous dire, par le taon qui excitait Socrate, ou plus modestement les bœufs qu’un certain père, le mien, joignait jurant quelques mille dious de remille dious, sur les quatre heures d’une journée exceptionnellement caniculaire qui ne pouvait laisser les bêtes en place, malgré dentelles qui étaient censées protéger leur mour, museau, qui à l’instant vous suggère quelques autres vocables en file, tels muse, musette, musaraigne, ces deux derniers mots, vous venez de le découvrir, ayant été synonymes, de mus souris et de la venimeuse araignée, que l’on vous a fait associer dès la plus tendre enfance aux formules magiques opposant celle du soir espoir, à celle du matin chagrin, quant à la nuit, en cet instant précis, quatre heures cinquante-six, vous pourriez ajouter, par exemple, araignée de nuit s’enfuit…et là, la phrase, pour autant qu’il s’agit d’une phrase, se casse, s’éparpille, perd son souffle initial et va se pointillant…. n’est pas asthmatique qui veut se dit-on souriant, ouvrant gaiement les guillemets, un jeu d’enfant avec la machine savante dont nous disposons depuis le début de notre course à la phrase-échalote : « Il y a des asthmatiques qui ne calment leur crise qu’en ouvrant les fenêtres, en respirant le grand vent, un air pur sur des hauteurs, d’autres en se réfugiant au centre de la ville, dans une chambre enfumée », et d’autres, aurait pu ajouter ce prosateur hors pair, en composant des phrases sans fin, qui se tournent et retournent, ligne à ligne, vers à vers, telles ces raies du labour, inlassablement tracées le jour durant, par ce fier paysan, guidant droit ses bœufs, encore eux, et dont la surface labourée de l’aube au crépuscule s’appelait un journal.
https://www.leseditionsdunet.com/livre/un-dictionnaire-part-moi
HAÏKU 02.45
J’apprends à écrire Entre le bois et l’écorce Lire entre leurs lignes