AVEC LOUISE LABÉ JE VIS JE MEURS

Avec Louise Labé Je vis je meurs 
Je me brûle et me noie en son sonnet
Depuis mon lit où j’écris tout sonné
Ces lignes de douleur qui m’amusent et me broient

Je meurs je vis je vois Diane chasser
Dans l’épaisseur d’un bois dessiné par Max Ernst
Son arc tire cent flèches sorties de leur carquois
Sur la femme cent têtes sans tétin restant coite
Tourner me faut mes vers toute la nuit sous ma couette
Éclairé par la lune mon soleil de minuit
Dont le noir m’illumine Desdichado Desafinado

J’écris j’endure Je n’écris pas je perdure
Je crie devant les murs de la maison de Louise
La petite friponne dont le blues me laisse dans la mouise

Louise Labé 1525 ? 1565


Max Ernst forêt et colombe 1927

CLAIRE CELLE QUI JOUR ET NUIT ÉCLAIRE


Claire celle qui jour et nuit éclaire
Claire en beauté que je vois en peinture
Claire idéalisée qu’honore Épicure
Claire la douce éphèbe plus claire que l’Aurore
Claire immortelle que le vermeil colore
Claire la sœur occitane de Jeanne et de Marion
Claire et ses traits de divine pointure
Claire ma Dame d’or en l’honneur de Nature
Claire en blancheur de marbre de Paros
Claire en langueur sous la lune de Fos
Claire qu’un sonnet exempte du trépas
Claire qui a rempli ma page pas à pas

Avec l’aide de Loys le Caron dit Charondas la Poésie (1536- ? 1609)
& de Las Fielairos chanson de métier d’un Occitan Anonyme
Abal a la ribièro ya no ritcho maïsoun
Dedins soun tres fielairos que fielan tout loun joun
L’uno s’apèlo Jano L’autro Marioun
L’autro s'apèlo Clèro esclèro  neit et joiun

C’ÉTAIT LE BEL ÉTÉ

Comme l’ombre de mon dessin
de plage
La vie passe ainsi
Tout en semblant immobile

tout bouge
le vent le vide
l’étoile la toile de Pollock
le chant du silence
l’œil fendu de Buñuel

et cependant
on croit qu’il s’agit de crier
Cogito !
pour arrêter le sablier

tout bouge
tout se meut
c’est la branloire universelle
du châtelain de Montaigne

tout se transforme
les rires en larmes
le vivre en mourir

tout renaît
sur la scène
du théâtre de la cruauté

c’était bel et bien
le bel été de la vie
c’était … ça a été

un bel été j’ai dessiné l’éternité sur la plage de Fos sur Mer