Les nuits je me perds
Voyage autour de mes rimes
Poussant ma brouette
(d’insomnies)
Jean Jacques Dorio Un poème inédit par jour
Les nuits je me perds
Voyage autour de mes rimes
Poussant ma brouette
(d’insomnies)
11 Vous qui lisez Sonnets ainsi récrits De divers styles où le temps je poursuis Le temps perdu et le temps retrouvé De telle année tel jour telle pensée Vous qui lisez ce jour où pris d’amour Le Poëte de Laure fut frappé C’était souvenez-vous en Avignon Un vendredi saint assure la chanson Sans y penser je chante ô chose vaine Cet amour romancé imaginaire Nourri par la Fontaine de Vaucluse Vous qui oyez ce chant ainsi déduit De sonnets d’un Philleul de Carpentras De vos soupirs quand à la fin Amour est close Vasquin Philleul de Carpentras (1522- ?1582) On sait que notaire à Carpentras il fit paraître Laure d’Avignon Extrait du Poète florentin François Pétrarque Un notaire sicilien Giacomo da Lentini surnommé « El Notaro » serait « l’inventeur » de cette forme reine
10 Guerre n’ai faite Paix me convient Quand tout se dérobe ici je me tiens Ici je me brûle à mes vers de glace À mes vers pourris j’ajoute pour rire Mon grain de paroles aurore des nuits Où l’on proclamait sur les murs du Grand Mai Faites l’amour et non la guerre Ailes déployées sur mes basses terres De mon arrière-pays qui va criant De deuil me repais me lamente en riant Une ligne empruntée à Peletier du Mans Que lui-même traduisit ce sonnet italien : Pace non trovo et non ho do far guerra Je vois sans yeux sans langue vais changeant Mort en désir de me prolonger Périr en Vie éternelle Jacques Peletier du Mans (1517-1582)
9 Au grand désir qui nous meut en la quête De tant de vers dont pouvons disposer Ceux que l’on crée ceux forgés par les siècles En cet instant je lis Mellin de Saint Gelais Au grand désir aux temps joyeux de mon enfance Aux jeux sans cesse renouvelés Sur le pré Dans la cour aux récrés criant comme un perdu Au Je multiplié de paroles dégelées À une dame qui fut ma grande chance Avant d’être en proie aux maux et aux souffrances Et qui revit ici sur le noir de ma page Dans les fleurs les plus belles que je lui dédie Minuit de feu Phœnix me visite et m’admoneste Poursuis ta quête et chasse les lunes de ta tête ! Mellin de Saint Gelais (1487-1558)
Sonnets sonnez les cloches à vos lecteurs Lecteurs bénins se contentant du style Lecteurs rétifs bornés aux créations hostiles Abatteurs d’arbres acteurs acupuncteurs Lecteurs lectrices mes yeux et mes fontaines Mes vieilles branches torrents rus ruisseaux Ô vous épars aux quatre coins du monde Mes beaux visages mes gambades et mes sauts Lecteurs lectrices éperons qui me guident Tantôt passant sur mes erreurs de rimes Tantôt tout feu chantant la vie violence Ô mes sonnets sonnant sans fiel sans arrogance De la vie bonne faisant leur miel Ô mes chansons De mes douleurs adoucissant les souffrances Avec Clément Marot Le Prince des Poètes ( 1496 ? 1544) De la série : Lir’écrire encor des sonnets ? Il fait être sonné !