Je n’écris point ce sonnet c’est lui qui me fait De ses ongles dorés de sa main grassouillette Je n’écris point d’amour de beauté de douceur De plaisir de bon-heur de faveur de trésors Ce sont affects perdus si j’en crois Du Bellay Il a perdu l’ardeur en son for intérieur Il se languit s’ennuie pâtit de ses Regrets Et nul sinon l’écho ne répond à sa voix Le même sut pourtant passer souvent le gué Faire sonner la lyre d’une âme énamourée Ô gorge damasquine en cent fois figurée ! Nous sommes même et autre heureux en liberté Ou serfs de mille maux Nous consumons notre âge Ou bien de mille mots faisons chanter nos rages En lisant et récrivant Les Regrets
Author Archives: Jean Jacques Dorio
HAÏKU DES ÉTOILES FILANTES
Étoiles filantes Font la course dans le ciel Et sur mon papier
Impossible dormir sous l’ampoule pendue au plafond et qui attire des insectes qui font autant de bruit que l’hélicoptère qui suit le train de nuit dans le récit rocambolesque du film de Melville (Un flic) Impossible dormir monté sur les échasses de la dernière page de Proust clôturant Le Temps retrouvé : « ce livre définitivement inachevé » Jean-Yves Tadié Impossible dormir éveillé par des phrases collectées par Marie Darrieussecq (quelle orthographe !) pour son livre Pas dormir -Mais enfin Monsieur quand dormez-vous ? -Je ne sais pas, Céleste, je ne sais pas. Impossible dormir cette nuit spéciale où j’ai passé une heure de temps d’essais ratés pour composer à la fin des fins cet haïku : Étoiles filantes Font la course dans le ciel Et sur mon papier
LES ERREURS AMOUREUSES ACCOMPAGNENT MORPHÉE
Les erreurs amoureuses accompagnent Morphée En ses Métamorphoses Il confond lis et rose Ceignant les bras de son âme « espamée » Proche par conséquent de tomber dans les pommes En voyant en imagination sa maîtresse Le voilà fol sourd muet et sans âme Son propre cœur bondit et à nouveau « se pâme » Le trop de joie entraîne sa tristesse Vous perdez temps lui dit alors sa dame Augmentant par ces mots sa passion Que le poète nomme sa Cupidine flamme Quand je relis cinq siècles après ces vers Qui eurent en leur temps valeur et utilité Je ne puis m’empêcher moi aussi d’en plourer Mélanges : Pontus de Tyard, Ronsard, Philibert Bugnyon, Jean Jacques Dorio
À SAUTS ET À GAMBADES
Sommeil végétal Dans la forêt de mes rêves Mon arbre gambade

TOURMENTS DE CEUX QUI FONT SONNETS JE N’AI
Tourments de ceux qui font sonnets je n’ai Je connais bien leurs règles que j’applique ou pas Quant au public je n’en ai pas Ou si peu que peu me chaut de lui complaire Écrivant méditant je ne cherche rien d’autre Que la surprise l’éclair le trait le clou Qui déchirent l’espace ma page qui font coucou à Protée à Orphée et qui se rient de nous Ainsi en ce moment couché sur l’herbelette fictive de mon poème J’ouïs le rossignol et l’alouette qui jargonnent fredonnent leurs hymnes langoureux mêlés à leurs plaintes d’être non écoutés par leur ingrate maîtresse qui préfère dormir paresser… ignorer leurs prouesses avec Ronsard (Continuation des Amours)