Mes lecteurs me soignent
(J’ignore ceux qui me saignent)
En lisant mes textes
En lisant mes textes
Ils habitent un lieu magique
Déterriolisé
Mes lecteurs s'ajoutent
Un à un veilleurs de nuit
De leurs insomnies
Author Archives: Jean Jacques Dorio
EN VOITURE VINCENT !
21 En Voiture on voit des jardins embellis D’innocentes beautés et de chastes nymphes V.V. amusait ainsi la galerie de l’hôtel de Rambouillet Bons mots et guinche Un coup rendant hommage au teint de Phyllis Un autre offrant à Flore des roses et des lis Quand et quand (en même temps) il s’amusait À rimer Ordonnances pour un festin Toute liste de mets et de mots nouveaux Pour nous soûler : pluviers, cailles et perdreaux, Fruits entassés à monceaux, et pour la fin Chansons dizains ballades contes rondeaux Avec pour faire mousser cette musique Un broc , que dis-je, un tonneau de vin qui pique En lisant Vincent Voiture (1597-1648)
TRISTE JARDIN
Plus de gais oiseaux Mésanges chardonnerets Morts pesticidés
UNE PERTE MOMENTANÉE DE MON LIVRE DES SONNETS
à André Bellatorre
Une perte momentanée de mon livre des Sonnets
Et c’est la nuit baroque que je décroche de mon porte-manteau
Comme une fable jamais desservie sur le tapis des coups de dés
Coups innocents ou coups fatals
C’est le Soleil cou coupé d’Apollinaire
Et les oiseaux de Francis Ponge qui glissent
Sur le parquet ciré du salon sans murs de l’Idole noire
Et ce sont les « stances à l’inconstance »
Où cette fille de l’air de cent plumes couverte
Qui de serf que j’étais m’a mis en liberté 1
Lucidité sans formes scintillations à tous les vents ! 2
C’est l’esprit du baroque qui m’emporte béat
Ouvrant ainsi l’inexprimable et l’indicible
Submergés par ces vers écrits les yeux fermés
1 Etienne Durand (1586 ? 1618) 2 Francis Ponge (1889-1988) La nuit baroque
TE PLAIRE ET TE DÉPLAIRE SELON MES VERS
Te plaire et te déplaire selon mes vers Te chanter t’encenser d’une aile inusitée Te permettre d’atteindre les célestes beautés Si périssable est toute chose née Te plonger dans les mythes des driades des forêts Qui naissent avec l’arbre sur lequel elles veillent Te comparer à Diane la chaste Cynthienne Si notre vie est moins qu’une journée Mes vers ici se brouillent répétant cette antienne Du grand amour le soleil de mon âme Qui me brûle et m’enflamme Chassant mes jours sans espoir de revoir Ma reine ma déesse gisant au Vistemboir Cimetière des sonnets où les morts apportent leur manger et leur boire avec Du Bellay (les deux éditions de l’Olive) Guillaume des Auletz (1529-1581) et Emmanuelle Chevalier éditrice des éditions du Vistemboir