J’ENCHAÎNE LES LECTURES

J’ENCHAÎNE LES LECTURES
Comme d’autres les perles
Comme les tesselles
Qui forment mosaïque

J’enchaîne les lectures
Sur papier ou iPad
Poète bon état
Craint sa déconfiture

J’enchaîne mots de terre
Et de fœhn, mistral, bise
Avec les cocotiers
D’une Malabaraise

J’enchaîne c’est balèze
Ou bien ça fait bazar
Rimes de tamarins
Pour combattre son splin

J’enchaîne et c’est fini
La minutie s’effondre
Le livre se déchire
L’iPad n’a plus d’batteries


LES PETITES PIERRES ET LA COMPLAINTE DE L’ÉTERNEL RETOUR

LES PIERRES LÉGÈRES ME PARLENT LES GROSSES RESTENT MUETTES  En retournant mes poches je retourne un peu de ma vie Quelques pierres vertes et jaunes dans un mouchoir de poche : celles de mes ancêtres passées à l’as et celles d’Ambre et de Jade, mes petites-filles qui viennent d’éclore ensemble En retournant mes poches je meurs et je renais Grains de pavés, graines de pavot et petits cailloux recueillis un à un sur la plage de sable de Fos sur Mer En retournant mes poches sept familles en sortent, trois amochées, disparues, pierres mortes et quatre pleines d’énergie et d’espoir Un mouchoir de batiste avec les initiales brodées par Mère-Grand jeune fille me retourne le cœur À l’intérieur sept petites pierres sont autant d’âmes vénérées comme dans la mythologie des Huichol amérindiens d’une contrée sauvage du Mexique -Regarde celle-là jaune et verte c’est ta grand-mère dit la mère Et la rouge et noire ton grand-père qui chantait les complaintes de l’Éternel Retour…

Les petites pierres et l’au-delà de la vie

in Visions huichol Un art amérindien du mexique

Michel Perrin (Somocy Editions d(‘Art 2014)

UN LIVRE SAVON

Ce livre entre les mains m’échappe absolument

Me glisse entre les doigts tel le savon de Ponge

Silence sur la page je ne vois plus les mots

C’est de la bouillie pour les chats et les chiots

Une sorte de lave qui ma cervelle ronge

Un coup porté à Teste de monsieur Valéry

Cultivant l’art des restes et des amphigouris

(le reste dans la marge est hélas illisible)

L’AFFREUX PRINTEMPS

L’AFFREUX PRINTEMPS

L’hiver se meurt
Le bel hiver
L’affreux printemps
Me fait pleurer
Cyprès de Leyland
Cupressus leylandii
Me donnent les glandes
Je lacrymale
Et j’allergise
J’ai la peau rouge
Des Amérindiens
Ceux que je vis se peindre
Avec les graines du roucou

Le printemps vient
Mais je l’accueille
Du bout des douas
Les amours jaunes
De ses pollens
Autour du cou
Fort me rudoient

Les Martigues 20/03/2023






SOUS LES POMMIERS LES POÉMIERS


SOUS LES POMMIERS LES POÉMIERS Sous les pommiers les poémiers C’est une somme de notes Et de musiques effervescentes Sur le grand océan agité De la jazz émotion Portal portant au plus haut degré La musique improvisée Et la partition Del Baïlador Hors temps Hors bord Sous les pommiers Où passe L’éphémère éternité Un poème écrit En regardant le concert 2011 Jazz sous les pommiers De Michel Portal et de ses musiciens Qu’il transcendait