
CALLIGRAPHIES SANS CALLIGRAPHE

Jean Jacques Dorio Un poème inédit par jour

L’emploi du temps des nuits où nous veillons solitaires Chacun et chacune devant les rumeurs du monde les collectes de phrases les phares des calligraphes les encres et les couleurs projetés sur la toile les musiques tissant l’étoffe de nos rêves
L’emploi du temps à travers le temps présent où la foule est coupée de la voie des poèmes qui vont et viennent sur nos peines et nos joies les silences de tout ce qui est trop difficile en paroles
L’emploi du temps à l’écart à l’écoute de nos cocons de mots où l’on puise l’énergie qui font nos manuscrits toujours inachevés Ondulations arborescences brouillons épars sans ratures ni repentirs
Et tout le reste est littérature
Ainsi se termine la série commencée le 26 juin 2022 sous le titre POUR OUBLIER MAUX ET VIEILLESSE et terminée cette nuit du 17 septembre 2022

L’alexandrin est mort Vive l’alexandrin Tel dans sa boîte quantique le chat de Schröndiger : mort et pas mort ! Et dans sa boîte à livres devant le fleuve des poésies alexandrines Poésies entendues, lues des seuls yeux, phrasées, chantées et typographiées…et nul sens interdit ! Mais pour ces Douze mois en alexandrins 1 5 lecteurs comme les doigts d’une main, firent grandir le texte Citations en font foi : « Les autres Jean (lire les « Rhétoriqueurs »), Jean d’Auton, Jean Marot ou Jean Lemaire de Belges, étaient historiographes de Louis, Charles et François. Ici point de conquêtes, point de faits d’armes, mais un combat modeste contre la nuit, cette ennemie obstinée des vivants. Pour tout Royaume une maison des Martigues, au temps heureux où y régnait une Dame. » 2 « Une écriture hybride, non bridée, se donne à lire, aucun fil blanc surnuméraire ne vient recoudre après coup ces tissus alexandrins. Pas de « rapiéçage » mais des « pièces » non rapportées. (…) Tout ça lui donne du fil à retordre, au lecteur, il bronche mais ne se braque pas(..) Il faut dire que le fil du temps mène la danse, le fil des mois, le fil des « moi », le fil des émois. La vie : un sacré fil d’Ariane. 3 « Ça crochète ses vers au temps qui trace à même la peau son réseau d’encre fugitive, ça calligriphe, ca cueille, ça cite, ça torque et rétorque, ça urge à flux tendu contre la solitude du poète et sa mort, ça attrape l’or qui passe et plonge avec, yeux grands ouverts, dans les abysses, pour se feuilleter d’obscur, naître de l’Autre » 4 « Une année d’humain voyage et sa bigarrure d’émois comme une musique nerveuse et gourmande…coruscante parfois et de grande alacrité. C’est assez dire que j’aime…cette éternelle balançoire, le remuement annuel du sable de nos destinées…et comme une mesure typographique de nos vies. L’hésitation. Et le branle éternel du sens. » 5 « À douze pieds légers, la plume voyageuse L’esprit en éveil et l’encre qui s’étoile Poète tiens la flamme de l’éphéméride À travers les saisons l’Histoire et les songes (…) Les arts comme des amers pour garder la voie Loin des écueils noirs de ces temps délétères Faire passer de main en main de rive en rive Le feu des mots qui brûle et nous revigore » 6
1 Jean Jacques Dorio Douze mois en alexandrins Editions Encres Vives Collection Encres blanches 2015 2 Pauline Dorio (« Le traverseur des voies périlleuses) 3 André Bellatorre (La main et la mémoire cousent le ciel des mots) 4 Tristan Felix (Terra Incognita) 5 Jean-René Rouvière (Ce frottis quotidien des mots et du monde) 6 Jacqueline Saint-Jean (La flamme de l’éphéméride »
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Former l’alexandrin comme une idée de l’homme Alexandrin Alexandra nous voilà dans de beaux draps, « voiles sur les filles », d’une Égypte chantée par Claude François « Étonnants voyageurs ! Quelles nobles histoires Nous lisons dans vos yeux profonds comme les mers ! » Humour, amour baudelairien, les vers sont nos amers Je ratisse les feuilles jaunes du cerisier Et sur mes papiers vierges ces Essais qui se moquent de l’été, de l’automne, mais non du printemps des peuples qui revient avant l’hiver chaque cent ans Former l’alexandrin comme une idée du Léthé traversant les Enfers, les violons écorchés, les cris des martinets…Cette manière de poésie « qui nous aide encor à vivre, malgré tout le reste », m’écrit en une charmante carte Philippe Jaccottet
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