LE TEMPS LE TEMPS C’EST VITE DIT

LE TEMPS LE TEMPS C’EST VITE DIT Le temps je le construis et il me déconstruit Le temps d’une fiction : La disparition Le temps le temps c’est vite court : Largo es el arte La vida en cambio corta como un cuchillo Ángel GonzálezC’est long l’art Mais la vie en revanche c’est court (ça coupe) comme un couteau Le temps dilaté d’Einstein on the beach Le temps des hommes inquiets de la mer inquiète Le temps d’écrire le roman  qui n’apporte pas de réponse Le temps de s’égarer dans une forêt afin d’avoir toujours quelque chose à y trouver Senancour Le temps élastique électrique magnétique Le temps le temps de fabriquer son pastis À la recherche du taon perdu Le temps du tour du jour en 80 mondes Cortazar  Le temps de sombrer corps et bien sur les pages de 93 Le temps de ressusciter sur les murs de Mai 68 : LA VIE VITE / SISYPHE !.. / ICI ON SPONTANE/ ON N’A PAS LE TEMPS (d’écrire des motions) (de lire Claudel) (de s’emmerder) les parenthèses indiquent des surcharges

SUR PAPIER KRAFT…JE PEINS LE PASSAGE

SUR PAPIER KRAFT à base de bois traité à la soude Soude de varech ou soude caustique vers des Châtiments : Affrontez l’orage ! Affrontez l’écume ! Rochers et proscrits Hugo Proscrit banni de la République d’un certain Platon Platon et Socrate tout ce que je sais c’est je ne sais rien Rien le vierge vers et de notre toile le grand blanc souci Souci des jardins jaune ou orangé de Nantes et d’Angers Danger attention cassis ou dos d’âne et jeu de hasard Hasard quel bazar que ce jeu de dés la fleur d’oranger Oranger en fleur naranjo en flor l’amour c’est amor Amor non la mort mais le bel amour qui fut entre nous Nous ressuscités sortant des linceuls de l’éternité De l’éternité sortant du chapeau d’un champ magnétique Magnétique aimant aimant mots et rimes qui charment et fascinent Oui tu nous fascines magicien du verbe  le corps fait esprit Esprit es-tu là ? sibulonbula je suis dans ma bulle Bulle de savon mousse jouissive proème pongien Pongien autrement je prends la tangente je fais mouvement Mouvement des yeux au cœur de la nuit le silence parle Le silence parle c’est paradoxal il parle à l’oreille L’oreille l’ouïe j’entends un bruit fin c’est mes acouphènes Acouphènes font un bruit continu à haute tension Tension d’un silence vu dans le sablier simple éternel Eternellement entre somme et rêve Je peins le passage Montaigne

24 pages écrites sur papier kraft ornées d’hypnographies Dorio octobre 2023

VOUS NE POUVEZ PAS SAVOIR COMBIEN ELLE EST BONNE

VOUS NE POUVEZ PAS SAVOIR COMBIEN ELLE EST BONNE ! C’est ce que j’ai envie de crier à mes derniers amis (et amies) en sortant de l’eau de mer ce premier octobre fin de journée La mer la mer où l’on s’ébat où l’on s’arrête à l’écart faisant la planche où l’on se penche paresseux mi-philosophe mi-mollusque Paul Valéry Tu ne peux pas savoir combien elle est bonne ! C’est à toi seule que j’ai dit souvent ça Tu me tendais une serviette en riant en me disant petit fada Tu n’es plus là Tu es la mère en allée avec le soleil noir de sa nuit définitive Lourde est la charge qui m’incombe de poursuivre jusqu’à ma mort et dans un temps paradoxal (intermittent, discontinu) ton souvenir…Lourde et légère aussi

LE TEMPS VRAIMENT COMMENT Y CROIRE ?

LE TEMPS VRAIMENT COMMENT Y CROIRE ? Ce 22 septembre je me gratte les tifs Au diable vous partîtes chantait Brassens en 1964 Un autre jour le 22 septembre 1947 je naquis me dit l’ami André Et cette année 2023 c’est le pompon : l’automne a du retard et ne se manifestera que demain le 23 à 8 heures 49 minutes 56 secondes Une pie passe se pose sur la cheminée de la maison voisine hoche la queue au vent frisquet  Le temps de l’écrire et elle a disparu Pendant tout ce temps j’avais en tête la Suite pour flûte traversière et basse continue d’un certain Michel de la Barre qui se termine par une gavotte (septième mouvement) intitulée La Thérèse

AUF MEINEN LIEBEN GOTT

MAINTENANT J’ÉCOUTE LA CANTATE BWV 188 c’est l’air chanté par un ténor sous le titre Ich habe meine Zuversicht : J’ai pleuré ma confiance…On l’entendit pour la première fois en 1728, le 21° dimanche après la Trinité.  (La Trinité se passe Malbrough ne revient pas) De l’enfant lançant ses dés à Éphèse nous avons sauté sur les notes d’une partition composée à Leipzig. Le Temps est un enfant qui joue Jean Sébastien Bach jusqu’au choral final : Auf meinen lieben Gott. En ce temps là pour exercer son métier de cantor il fallait proclamer son amour de Dieu. En ce temps là, c’était un autre temps, il ne passait pas du tout comme le temps d’aujourd’hui : lundi 18 septembre 2023, temps gris s’amusant à anticiper l’automne, les goélands par grappes ou isolés, passent d’ouest en est, poussés par le vent, les ailes déployées ils font des figures de style que je suis, tant bien que mal, à la jumelle. avant de reprendre ma prosopopée.