JE N’AI JAMAIS TREMPÉ MADELEINE DANS MON THÉ

Je n’ai jamais concouru à un prix littéraire

Je n’ai jamais couru le marathon de New York

Je n’ai jamais trempé madeleine dans mon thé

Je n’ai jamais attendu Madeleine pour l’amener au cinéma

Je n’ai jamais pensé que la langue était fasciste

Je n’ai jamais conduit de Ferrari ni de semi-remorque

Je n’ai jamais extrait de gaz de schiste

Je n’ai jamais écrit d’odelette à Odette

Je n’ai jamais grimpé comme le gros Gustave sur les pyramides

Je n’ai jamais donné un sou à un psychanalyste

Mais c’est moi je l’avoue qui (peu ou prou) ait commis cette liste


 




LE TEMPS BIFURQUE

 Le temps bifurque perpétuellement vers d’innombrables futurs. Borges. Dans l’un de ces futurs passés, vous lisez ce fragment, le jour du solstice d’hiver (ce 21/12/2020), dans un autre vous faites une partie d’échec avec Ts’ui Pên, qui gouverneur du Yunnan renonça au pouvoir temporel pour écrire un roman en forme de labyrinthe, dans un troisième, d’un pinceau minutieux, vous écrivez sur un papier jadis cramoisi, maintenant rose et quadrillé,  comment être moderne en étant anachronique, catachronique, parachronique, achronique, etc…  Daniel Oster 1938-1999 Rangements 

  

hypnographies dorio 11 juin 2022
hypnographies en vis à vis Dorio 11/06/2022

DAHLIA

Sabres cachés dans les sables du Sahara
Ah ! ça ira ah ! ça aura
l’air d’un désert
sans palmeraies
pour prendre date

J’ai reçu jadis une carte postale de Ghardaïa
Sans un mot
Avec juste la trace d’un doigt passé sur la terre ocre
Et une signature 
Dalhia

Je l’avais connue ailleurs
Sous un manguier des Amériques
Où les fruits sauvages laissaient des fils entre nos dents

Dalhia ton nom n’en finit pas de hanter cette fable offerte
Aux amoureux des lettres que l’on se remémore
Mais que l’on a définitivement perdues


CRÉER SA PROPRE LANGUE

Créer sa propre langue c’est un truc de fou ça…de fou de littérature parti en des contrées indéterminées…des années durant nourrissant en secret ses nuits de mille et une pages…qu’il brûle la journée suivante…jusqu’au jour (une nuit magique) où la langue unique et singulière prend…sur un premier cahier que l’on nomme roman du côté de chez Swann…ou bien poèmes faisant bouquets de fleurs du mal…lors les phrases en prose ou les antiphrases écrites en vers…prennent leur envol créant la propre langue de ce forçat d’une écriture…qui bat et rebat les cartes d’un je multiple…jugé par les premiers critiques qui n’ont jamais lu rien de tel…de folie pure…