ENFIN SEUL

Sur un petit bout de page

À une heure du matin

Enfin seul ! écrivait Baudelaire

Enfin sans les tyrans et les mégères de l’Assemblée qui ont couvert de crachats verbaux durant une heure et demi le premier ministre homme de bonne volonté durant sa déclaration de politique générale

Enfin je vais chercher à produire quelques beaux vers qui me prouvent que je ne suis pas inférieur à ceux et celles que je méprise

Trois heures du matin j’ai relu Les fleurs du mal

Et si j’avais un vers unique à donner

Ce serait :

La musique souvent me prend comme une mer !

AIRS

  
Une chanson venue de la mer
L’air que j’écoute
Assis sur un bois flotté

L’air de l’écume des jours
Un nénuphar
Dans les poumons de Chloé


L’air d’Ellington
Qui m’envahit
Sous le grand pin d’Antibes


Et qui renaît cette nuit
Sous ma plume
In a sentimental mood

Un nouveau dictionnaire à part moi

(en cours d’écriture)

https://www.leseditionsdunet.com/livre/un-dictionnaire-part-moi

XXIV HEURES PILE

XXIV heures pile

Les deux aiguilles sur le XII

La saveur des heures fixes

Domaine du Grand Pin

Sur la feuille d’un sang noir

Tiré de mon encrier d’écolier

La tête pleine de dictées

Et de poèmes appris par cœur

Je me les récite

14 lustres après

Les avoir recopiés

Sur le cahier de poésie

À chaque ligne un tournant

Dans cette main qui jette

Des étincelles dans la nuit

À CHAQUE PAGE UNE PARTIE SE JOUE

À chaque page une partie se joue Avant de commencer on ne sait laquelle À chaque éveil que nous fait le coup des insomnies Cette nuit c’est le jeu du fugitif Il se cache dans une cuadrilla qui s’avance dans le ruedo Ou bien il joue de la clarinette pour animer les débats Sur l’arène sans glas des cinq cœurs du soir planent sept milans ou peut-être des buses Et après sa mise à mort les mules et leurs grelots font tourner le taureau Comme une toupie

Un nouveau dictionnaire à part moi

(en cours d’écriture vos commentaires sont les bienvenus)

LE LIVRE PERDU

Le livre, je ne sais plus où je l’ai rangé  parmi les autres livres ou bien à une place inaccessible pour les mortels.

C’était un livre sur l’absence, un livre sur la présence de nos absents dans le chant d’un oiseau par exemple, une expression perdue ou ce petit coin de jardin où repoussent chaque printemps nos iris.

Voilà et dernière précision c’est toi qui l’avais écrit ce putain de livre qu’il faudrait absolument que tu retrouves,  mort ou vif.