OSCILLATIONS SURRÉALISTES
Le père et l’antipère
L’ami et le frère ennemi
Les petits jeux du va-et-vient
et le Grand Jeu qu’on assassine
Les cyclistes et les cyclothymiques
Le tapage et l’occultation
L’outrance et l’outre vide
L’arcane 17 et l’arcane sans nom
Les amours jaunes et l’amour libre
Les champs magnétiques
Et les chants de Maldoror
Nadja et Rrose Sélavy
La fée Éry et Fata Morgana
Le mythe et la réalité
L’émotion et les motions
Les champs magnétiques
et le révolver à cheveux blancs
La griffe du lion et le sein de la vierge
Les balises et les balisiers
L’affirmation et l’effacement
Le groupe et le mouvement
Le crépuscule des dieux
L’aurore des paroles
& contre vents et marées
L’Amour la Poésie la Liberté
CENTON
Le chapeau à la main il entra du pied droit
Dans les grandes villes pleines de murmures
Parfois le passereau y perdait son patois
Il entra dans un bar en longueur
Tel un serpent aux roses lueurs
Flottant épave inerte au gré des flots houleux
Il prit son crayon gris sur sa table écrivit :
Je dirai Passe oh va ma vie Ne fais pas de vieux os
Et puis dit au garçon Victor apportez-moi
S'il vous plaît mon pernod
CENTON
Pièce faite de fragments d’étoffes rapiécés, si l’on veut. Ou bien l’étoffe se transforme en textes divers puisés dans les anthologies et que l’on « colle » l’un après l’autre. Des ajoutages lit-on dans les notes accompagnant les paragraphes mis bout à bout, d’une œuvre qui n’en finit pas d’être rafistolée.
C’est l’art de nous rendre heureux par l’écriture de textes faits à la main avec des mots puisés dans les mots de livres le plus souvent épuisés.
MON ÉCRIT EST DE SURFACE
MON ÉCRIT EST DE SURFACE
Il court sur le papier il sonne sur le clavier il se projette sur la toile
Mon écrit est de surface
Intuition mimesis une flûte invisible un mot pour un autre une tache de soleil noir
Mon écrit est de surface
un mur arborescent un accord de guitare désaccordée une page perdue dans un livre fermé
Mon écrit est de surface
C’est une dédicace donnée par un auteur fictif imaginé par Borges
ou le catafalque bleu blanc rouge sur le cercueil de Paul Valéry
Ce sont les trois minutes trente-trois de silence d’une partition de John Cage
Mon écrit est de surface
Couché par écrit chanté au studio Le Petit Mas
Projeté sur des toiles d’abstraction lyrique
posées à plat sous l’olivier de mon jardin 9 rue de la Bergeronnette
Mon écrit est de surface
Grains de voix collés sur bandes magnétiques
Traits d’encres appliqués sur le calcaire coquillier ou la plage de Fos sur Mer
Cris du soir des martinets
Mon écrit est de surface
Livre de sable infini
Clavier plus ou moins tempéré
Page unique qui termine sa boucle
Comme un œil qui ne veut pas se fermer

mes abstractions lyriques Dorio 28 juin 2024
comme un œil qui ne veut pas se fermer
QUELQU’UN QUI PARLE DANS LA NUIT
Quelqu’un qui parle dans la nuit
En lisant des poèmes
qu'il se donne l'illusion d'écrire
que personne par conséquent n'a jamais lus
Des poèmes à qui il voudrait faire un sort
Et qu'il donne en pâture sur sa page
aux mots fourmis aux nuages à l’oubli
On ne saura jamais se dit-il qui les écrivit
Divisé mécontent sans espoir
Ou bien Uni dans la joie en chantant
Quelqu’un (croiront ses lecteurs peut-être)
Qui voulait renouveler le monde
De sa belle Utopie
Multipliant les mots de passe :
Amont aval remous regrets
Remords râle gazouillis
Quelqu’un qui passe et disparaît
Quand tous les morts sont partis
Au grand bal des poésies
ALLONS NOUS TOUCHER LE FOND ?
En un instant dans une intuition quasi prophétique la réalité nous apparaît, nous avons touché le fond. Primo Levi (Si c’est un homme)
Estamos tocando el fondo
Gabriel Celaya (du temps de Franco)
La poesia es un arma cargada de futuro
Ça fait mal
Ça fait très mal
Les gens ordinaires vont voter en masse pour le R.N.
Le Rien et le Néant
Il y croient
Ils vont s’en mordre les doigts
Et la main toute entière
Tels les Anglais du Brexit
Mais ce sera trop tard
Bien trop tard
Kafka l’a dit Et Orwell
Primo Levi aussi